L’Union européenne (UE) s’est-elle résignée à courir derrière un train qui est déjà parti? Pas du tout, se défend avec force la Commission. Depuis le déclenchement de l’opération «Serval» vendredi, son président, José Manuel Barroso, la cheffe de la diplomatie, Catherine Ashton, ainsi que le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, multiplient les déclarations de solidarité avec la France. Leur enthousiasme, au nom de la lutte contre le terrorisme, cache toutefois mal leur incapacité à agir aux côtés des troupes françaises engagées dans le nord du Mali. Au sein de l’UE, toute décision est complexe en raison de la nécessité d’impliquer les 27 pays membres.

Logistique et humanitaire

«L’UE n’a pas de mission militaire, a expliqué Michael Mann, porte-parole de Catherine Ashton, lundi à Bruxelles. En revanche, nous avons accéléré notre programme de formation à l’intention de l’armée malienne.» Décidée en décembre, cette mission pourrait, dans le meilleur des cas, commencer fin janvier ou début février. «Elle conserve toute son utilité et il est même plus urgent de la maintenir», a-t-il poursuivi. Conduite par la France, la mission sera dirigée par le général français François Lecointre. Mais sa nomination formelle n’aura lieu que vers la fin du mois.

Si l’opération «Serval» est menée par la France, huit autres Etats européens ont signalé leur intention d’y participer, a encore déclaré Michael Mann. Berlin étudie un soutien logistique, médical ou humanitaire, selon un porte-parole du Ministère des affaires étrangères. «L’Allemagne ne laissera pas seule la France dans cette situation difficile», a-t-il ajouté. Citant son ministre, Guido Westerwelle, il a ajouté que la question de l’engagement des troupes ne se posait pas.

La Grande-Bretagne, autre puissance européenne, ne compte pas non plus engager ses troupes au Mali. En revanche, elle a déjà mis à disposition deux avions de transport militaires C17. Idem pour l’OTAN, qui a déclaré qu’elle n’était pas partie prenante de l’opération Serval. Selon sa porte-parole, aucune demande d’assistance n’a été reçue de la part de la France. Mais, le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, avait déjà déclaré en octobre que l’organisation n’interviendrait pas au Mali.

Alors que les ministres des Affaires étrangères de l’UE tiendront «cette semaine» une «réunion exceptionnelle sur le Mali», a annoncé hier le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, une décision est d’ores et déjà acquise: Bruxelles maintient son arrêt de la coopération au Mali, mais augmente son enveloppe d’aide humanitaire.