Aloïs Alzheimer fut le premier à publier une description clinique neuropathologique d’une détérioration cognitive chez une patiente quinquagénaire. Mais c’est son patron, Emil Kraeplin, qui a décrit en 1910 une «maladie d’Alzheimer», forme précoce de démence sénile dont il attribuait la cause à la formation de plaques, dites séniles, dans le cerveau.

La maladie d’Alzheimer est ainsi entrée dans les classifications médicales comme une pathologie distincte de la démence sénile.

Cette vision a été modifiée à partir des années 1960. La présence de plaques séniles a été mise en évidence dans les cerveaux de patients ayant souffert de démence évolutive quel que soit leur âge. La maladie d’Alzheimer est devenue une pathologie du grand âge touchant exceptionnellement des jeunes.

Une étude menée en 1997 sur 678 nonnes a de nouveau changé la donne. A l’autopsie, il n’a pas été constaté de rapport systématique entre la quantité de plaques dans les cerveaux des nonnes et leurs performances mentales.

La recherche de causes concomitantes susceptibles d’expliquer l’apparition de troubles cognitifs s’est orientée, notamment, vers les états inflammatoires et/ou infectieux, ainsi que sur la circulation intra-cérébrale. Aucune de ces pistes n’est exclue à ce stade.

Pour Peter Whitehouse, de nombreux facteurs influencent les capacités cognitives dans le grand âge. La génétique et les pathologies peuvent jouer un rôle de même que le mode de vie: une activité intellectuelle – et physique – soutenue est favorable. Et tout commence très tôt: l’allaitement maternel pourrait faire partie des facteurs protecteurs...