Parler a porté plainte lundi contre Amazon qui l'a expulsé d'internet, estimant que cette décision est motivée par des considérations politiques et par la volonté de réduire la concurrence au bénéfice de Twitter. Le réseau social reproche également à Amazon de ne pas lui avoir donné un préavis de trente jours avant de couper les ponts. Parler demande ainsi au tribunal d'empêcher Amazon de lui bloquer ses serveurs.

Le réseau social prisé des partisans de Donald Trump, Parler, est hors ligne depuis minuit aux Etats-Unis (08h00 GMT), ce qui laisse à penser que ses propriétaires n'ont pas été en mesure de trouver un nouvel hébergeur pour l'instant, au lendemain de la décision d'Amazon de couper l'accès du réseau social à ses serveurs. Le géant du commerce en ligne a justifié sa décision par la persistance des messages d'incitation à la violence après l'assaut du Capitole par des fans du président Trump mercredi. La popularité du site avait grimpé en flèche ces derniers jours, sa version mobile devenant l'application gratuite numéro un de l'App Store d'Apple après la décision de Twitter de supprimer de façon permanente le compte de Donald Trump, accusé d'avoir chauffé à blanc les émeutiers qui ont pris d'assaut le capitole la semaine dernière.

Les messages en soutien à l'attaque de mercredi à Washington – ainsi que les appels à de nouvelles manifestations – ont continué à se multiplier sur la plateforme, conduisant Google à la retirer de son App Store vendredi, suivi par Apple samedi. Amazon a ensuite confirmé qu'il suspendait l'accès du réseau social à ses services d'hébergement. Dans une lettre aux propriétaires de Parler, le géant du Web a annoncé qu'il suspendrait le service avant 23h59 dimanche (lundi 7h59 GMT) en raison de «contenus violents».

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«Une guerre contre la liberté d'expression»

Basé à Henderson, dans le Nevada, Parler a été fondé par John Matze, un ingénieur informatique, et Rebekah Mercer, une importante donatrice du parti républicain. John Matz a confirmé sur son profil samedi qu'il était «possible que le réseau social ne soit pas accessible sur internet durant jusqu'à une semaine». «Nous allons tout faire pour trouver un nouveau fournisseur rapidement», a-t-il ajouté, accusant les géants du web de mener une «guerre contre la liberté d'expression». «Ils ne gagneront PAS! Nous sommes le dernier espoir du monde pour la liberté d'expression et la libre information», a-t-il déclaré.

Lancée en 2018, le réseau social fonctionne un peu comme Twitter, avec des profils à suivre et des «parleys» au lieu de tweets. La plateforme attirait surtout à ses débuts des franges ultra-conservatrices, voire d'extrême-droite. Mais elle accueille maintenant des voix républicaines plus traditionnelles. Le présentateur vedette de Fox News Sean Hannity y a 7,6 millions d'abonnés; son collègue Tucker Carlson en a 4,4 millions. Y sont aussi présents des responsables politiques républicains comme le parlementaire Devin Nunes ou la gouverneure du Dakota du Sud, Kristi Noem.

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