Les Américains larguent des armes

La pression internationale s’accentue sur les djihadistes à Kobané avec une première livraison d’armes aux Kurdes et la promesse de la Turquie de faciliter l’arrivée de combattants kurdes irakiens pour défendre la ville syrienne. Ces nouveaux développements interviennent alors que les combattants kurdes ont réussi ces derniers jours à freiner l’avancée des combattants de l’Etat islamique (EI) grâce notamment à l’augmentation des raids aériens de la coalition internationale.

Pour la première fois depuis le début de l’offensive de l’EI, trois ­avions cargos C-130 américains ont largué à l’aube des armes, des munitions et du matériel médical, sur les positions des Unités de protection du peuple (YPG), qui contrôlent encore environ 50% de Kobané. Ces armes, fournies par les autorités kurdes d’Irak, vont être «d’une grande aide», s’est félicité le porte-parole des YPG. Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a affirmé qu’il serait «irresponsable» pour les Etats-Unis et «moralement très difficile de tourner le dos à une communauté combattant» l’EI.

Ces dernières semaines, les Kurdes avaient multiplié les appels à renforcer les moyens des combattants des YPG, moins nombreux et moins bien armés que ceux de l’EI qui veulent conquérir la troisième ville kurde de Syrie. Mais désormais «l’équilibre des forces peut basculer à tout moment», a estimé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

D’autant que la Turquie a surpris en annonçant qu’elle aidait «les forces des peshmergas kurdes» d’Irak «à franchir la frontière pour aller à Kobané». Malgré les pressions de ses alliés, Etats-Unis en tête, le gouvernement islamo-conservateur d’Ankara a jusqu’à présent toujours refusé d’intervenir pour venir en aide aux combattants kurdes syriens. Mais, a assuré le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu, «nous n’avons jamais voulu que Kobané tombe». Dimanche encore, le président Recep Tayyip Erdogan avait rejeté catégoriquement les appels lancés à son pays pour qu’il fournisse directement des armes aux YPG.