Une poignée de rebelles, regroupés dans le sud de Falloujah, tenait toujours tête dimanche à l'armée américaine alors que la Garde nationale irakienne commençait à reprendre possession de Mossoul, tombée brièvement entre les mains de la guérilla vendredi. Samedi, le secrétaire d'Etat irakien à la Sécurité nationale, Kassem Daoud, avait pourtant annoncé que l'offensive sur Falloujah, située à 50 km à l'ouest de Bagdad, était terminée. Mais le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a démenti samedi soir que l'opération soit achevée. Il y a encore à Falloujah des «poches de résistance» et des zones où des «difficultés» persistent, a déclaré Donald Rumsfeld. «Je ne veux pas suggérer que (l'offensive) est terminée. Elle ne l'est certainement pas», a-t-il ajouté.

Les forces américaines, qui ratissent le sud de Falloujah, font en effet face à des combattants aguerris qui tirent sur leurs fantassins à partir d'immeubles avant de prendre la fuite, a constaté un photographe de l'AFP sur le terrain. «Il y a 50 à 80 Irakiens et combattants étrangers rassemblés dans le sud-ouest, attendant l'assaut final», déclare le lieutenant Christopher Pimms. «Plus nous avançons vers le sud, plus les combats deviennent violents et organisés. Ils posent des engins piégés le long des routes, tirent des roquettes antichars, des obus de mortier, mais le plus souvent utilisent des fusils-mitrailleurs AK-47.»

Les insurgés ne résistent pas frontalement à la puissance de feu adverse. Ils restent tapis dans des immeubles et épient les mouvements des soldats américains. Ils n'utilisent quasiment plus de roquettes antichars car leur efficacité est très limitée contre les blindés et privilégient désormais des fusils à lunette contre les soldats à pied. «Au début de l'offensive, les rebelles tiraient et se retiraient mais aujourd'hui, ils n'ont nulle part où aller et c'est pour cela que les combats deviennent plus violents», explique le militaire américain.

«Nous voyons des combattants de tous les âges, de 15 à 50 ans. Nous avons trouvé hier le corps d'un enfant vêtu d'un uniforme noir avec à la main un AK-47, gisant à côté d'un homme âgé», poursuit-il. «Ils attendent le bon moment pour ouvrir le feu d'une fenêtre puis ils se retirent très rapidement avant notre riposte et attaquent d'un autre endroit», souligne un autre officier américain.

Il n'y a quasiment pas de cadavres dans les rues et tous les corps retrouvés sont dans les étages des immeubles car il s'agit de francs-tireurs. Ces derniers agissent désormais individuellement ou par groupe de deux et leur objectif est d'infliger le plus de pertes possible aux soldats américains. Selon un officier des Marines, l'armée américaine a retiré d'appartements du quartier Jolan, dans le nord-ouest de Falloujah, les corps de 25 combattants. «Ils sortent avec un drapeau blanc, traversent la rue pour prendre position dans un autre immeuble où se trouvent des armes qu'ils ont cachées et tirent sur les soldats», explique-t-il. D'autres portent des uniformes de l'armée irakienne ou des gardes nationaux.

Pour un capitaine, les adversaires sont désormais en majorité des étrangers. «Ce sont principalement des combattants arabes», indique un sergent-chef des Marines en charge des détenus. «Nous avons arrêté des Syriens, des Soudanais, des Jordaniens et des Egyptiens», a-t-il expliqué.