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Venezuela: deux des principaux opposants ont été arrêtés

Deux jours après l'élection d'une Assemblée constituante voulue par le président Maduro, le service de renseignement a arrêté deux opposants déjà assignés à résidence. Les Etats-Unis mettent en œuvre des sanctions rares contre le régime

Leopoldo Lopez, l'un des deux opposants arrêtés ce mardi, le 8 juillet 2017 à Caracas. — © ANDRES MARTINEZ CASARES
Leopoldo Lopez, l'un des deux opposants arrêtés ce mardi, le 8 juillet 2017 à Caracas. — © ANDRES MARTINEZ CASARES

Des agents des services de renseignements du Venezuela, le Sebin, ont arrêté tôt mardi deux des principaux opposants, Leopoldo Lopez et Antonio Ledezma, qui étaient tous deux assignés à domicile, ont annoncé leurs familles.

«Ils viennent d'emmener Leopoldo de chez lui. Nous ne savons pas où il se trouve ni où on l'a emmené», a twitté l'épouse de Leopoldo Lopez, Lilian Tintori. Les enfants d'Antonio Ledezma, Victor, Vanessa et Antonietta, ont également indiqué sur Twitter que le Sebin avait emmené leur père.

Lilian Tintori a diffusé une vidéo sur laquelle on peut voir des policiers du Sebin plaçant Leopoldo Lopez dans un véhicule et l'emmenant. Des responsables de l'opposition et des médias locaux ont publié des photos prises par des téléphones portables au moment où Antonio Ledezma est brutalement sorti de chez lui.

Deux opposants emblématiques

Leopoldo Lopez, assigné à résidence à son domicile depuis sa sortie de prison le 8 juillet après trois ans et cinq mois derrière les barreaux, et Antonio Ledezma, en résidence surveillée depuis avril 2015, sont deux chefs emblématiques de l'opposition vénézuélienne.

Ils avaient appelé la semaine dernière à ne pas participer au scrutin qui a élu dimanche dernier une Assemblée constituante voulue par Nicolas Maduro.

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«Nous faire peur»

Leopoldo Lopez avait été condamné en 2014 à 14 ans de prison pour son rôle dans une vague de manifestations qui avaient fait 43 morts. Antonio Ledezma, maire de Caracas, avait été accusé de corruption et d'association de malfaiteurs.

Leurs familles ont indiqué tenir le président socialiste vénézuélien Nicolas Maduro responsable de leur sort.

«Ils ont pris Leopoldo Lopez et le maire Ledezma pour nous faire peur et nous démoraliser», a déclaré le député d'opposition Freddy Guevara, coordinateur national du parti de M. Lopez Voluntad Popular (Volonté populaire).

Washington décide de sanctions inédites

Les Etats-Unis ont infligé des sanctions financières et juridiques sans précédent au président vénézuélien Nicolas Maduro, après l'élection dans le sang de l'Assemblée constituante.

«Les élections illégitimes d'hier confirment que Maduro est un dictateur qui méprise la volonté du peuple vénézuélien», a tonné le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin cité lundi soir dans un communiqué de son ministère qui annonce le «gel» de «tous les avoirs» que posséderait le président vénézuélien aux Etats-Unis.

Il est extrêmement rare que le gouvernement américain prenne des sanctions contre un chef d'Etat étranger en exercice. M. Maduro est seulement le quatrième président à être ainsi sanctionné par Washington, rejoignant un club composé des présidents syrien Bachar al-Assad, nord-coréen Kim Jong-Un et zimbabwéen Robert Mugabe.

«Je n'obéis pas aux ordres impérialistes, je n'obéis pas aux gouvernements étrangers, je suis un président libre», a affirmé quelques heures plus tard Nicolas Maduro dans une allocution télévisée. Selon le président vénézuélien, les décisions du gouvernement américain soulignent «l'impuissance, le désespoir, sa haine» à l'issue du vote de dimanche. (AFP)

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