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Donald Trump et le rappeur Kanye West à la Trump Tower en décembre 2016.
© AP / Seth Wenig

États-Unis

Les amis noirs de Donald Trump

Le président tente de grappiller des points auprès de l’électorat afro-américain en s’entourant de célébrités noires

Donald Trump multiplie les efforts pour tenter de séduire l’électorat afro-américain. Et le meilleur moyen d’y parvenir est de s’afficher avec des célébrités influentes. Dernier exemple en date: sa «bromance» avec Tiger Woods.

Colin Kaepernick critiqué

Dimanche soir, la légende du golf a provoqué de vives réactions en prenant la défense de Donald Trump. Interrogé sur sa politique d’immigration controversée et sur la polémique autour de la National Football League (NFL) et de l’hymne national, Tiger Woods a préféré appeler au «respect de la Maison-Blanche, peu importe qui est en fonction». Il a surtout avoué fréquenter Donald Trump déjà avant sa présidence, ce dernier aimant beaucoup le golf, comme il l’a encore démontré samedi pendant les funérailles du sénateur John McCain.

Pour Donald Trump, ce soutien est du pain bénit. Il s’est empressé de rappeler qu’il a d’autres amis noirs. «Tiger Woods a fait preuve de beaucoup de classe dans la manière dont il a parlé de la présidence et de moi-même. Maintenant la soi-disant gauche est fâchée contre lui. Triste, mais le «centre et la droite» aiment Tiger, Kanye, George Foreman, Jim Brown et tant d’autres grands», écrit-il dans un tweet.

Tentative d’instrumentalisation? Le fait est que le boxeur George Foreman, champion olympique en 1968, est entré dans la polémique autour de l’hymne national américain en défendant Donald Trump. Il a critiqué le choix du quarterback Colin Kaepernick de poser un genou à terre pendant l’hymne en guise de protestation contre les violences policières à l’égard des Noirs. Un geste qui vaut désormais à ce dernier d’être toujours sans contrat (mais, depuis lundi, l’une des figures de proue d’une nouvelle campagne publicitaire de Nike).

Dans cette affaire, Jim Brown, ex-footballeur devenu acteur, a lui aussi choisi son camp, au risque de fâcher la très grande majorité de la communauté afro-américaine: celui de George Foreman et de Donald Trump. Autres personnalités noires sur lesquelles Trump peut compter: le boxeur Mike Tyson et le basketteur Dennis Rodman. Ce dernier s’illustre surtout par sa curieuse passion pour la Corée du Nord et son leader Kim Jong-un. Dennis Rodman était présent à Singapour lors du sommet historique entre les deux dirigeants en juin dernier.

Lire aussi: Colin Kaepernick, ou le difficile retour du sportif engagé

«Nous sommes deux dragons d’énergie»

Et puis, il y a le rappeur Kanye West, dont le soutien à Donald Trump est en or aussi massif que les chaînes qu’il porte autour du cou. «Nous sommes deux dragons d’énergie. C’est mon frère», écrit-il le 25 avril, sur son compte Twitter (28 millions d’abonnés), déclenchant une nouvelle chaîne de réactions ainsi que des interrogations sur sa santé mentale. «Merci Kanye, très cool!» lui a répondu Trump sur son propre compte (54 millions abonnés). Kanye West s’est souvent affiché avec Trump. Il avait déjà été vu à la Trump Tower lorsque le président élu constituait son équipe de campagne.

Ces «amis noirs» font pour Donald Trump office de contre-poids important à ceux qui s’érigent contre lui et lui reprochent de discriminer les Noirs et même d’attiser la haine raciale. Parmi ses plus féroces détracteurs se trouve le basketteur LeBron James, star de la NBA, qui accuse ni plus ni moins le président de diviser le pays. Face à un Kaepernick réduit au silence, c’est lui qui s’impose désormais, sur le terrain sportif, comme le nouveau porte-drapeau pour défendre les Afro-Américains.

Lire aussi: Lebron James, meneur de jeu anti-Trump

La stratégie de Trump peut-elle s’avérer gagnante? Un récent sondage de l’Université Quinnipiac, publié en août, indique qu’il gagne quelques points auprès des électeurs noirs. Ils seraient désormais 9% à lui accorder du crédit, contre 85% qui le désapprouvent. En novembre 2016, 8% de la population noire seulement avait voté pour lui. Ils étaient 89% à avoir porté leur choix sur Hillary Clinton.

Cette légère progression n’est pas anodine. En 2004, George W. Bush était parvenu à assurer sa réélection en mobilisant davantage d’électeurs afro-américains en sa faveur, rappelle CNN. Toujours en août, un autre sondage, celui de l’institut Rasmussen, dont les résultats sont toujours les plus favorables à Trump, confirmait cette progression. Mais en allant jusqu’à dire que… 36% des Noirs américains l’approuvent désormais. Le président s’est empressé de tweeter ces résultats. Ils ont aussi été brandis par le média extrémiste Breitbart News, pour balayer les accusations de racisme. Donald Trump se vante par ailleurs d’être à l’origine du taux de chômage le plus bas pour les Noirs américains, alors que cette baisse avait déjà été amorcée sous Barack Obama.

Opportuniste ou pas, la stratégie du président connaît quelques ratés. Dans son livre de règlements de comptes, Omarosa Manigault, son ex-conseillère limogée, celle qui était censée défendre les droits des Noirs américains à la Maison-Blanche, est passée du stade «groupie» à celui de dénonciatrice: elle l’accuse désormais ouvertement de racisme.

Lire aussi: Omarosa, le goût de la vengeance

Donald Trump a également choqué lorsque, pour rendre hommage à Aretha Franklin, il a osé déclarer: «Elle a travaillé pour moi à de nombreuses occasions.» Le révérend Al Sharpton a tenu à rectifier le propos lors des funérailles de la reine de la soul: «Non, c’est pour nous qu’elle travaillait! Aretha n’a jamais suivi les ordres de quelqu’un d’autre que Dieu.»

«Se libérer de l’esclavage mental»

Enfin, Donald Trump compte beaucoup sur Candace Owens, 28 ans, une républicaine conservatrice noire, qui devient un peu son poisson-pilote pour séduire de nouveaux électeurs, son alliée «politique» pour compléter sa brochette de célébrités. Cette activiste, ex-journaliste pour Vogue, influenceuse sur les réseaux sociaux et désormais commentatrice sur Fox News, ne mâche pas ses mots. Elle exhorte les Noirs à «se libérer de l’esclavage mental» qui selon elle les poussent à soutenir le Parti démocrate. Elle le dit dans une petite vidéo déjà visionnée plus de 470 000 fois. Son titre? «Petit guide pour s’évader de la plantation démocrate».

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