L’hypothèse du suicide du copilote dans l’enquête sur le crash de l’A320 devient de plus en plus vraisemblable. Selon le procureur de Dusseldorf, ce suicide aurait été prémédité. Andreas Lubitz a en effet effectué à plusieurs reprises des recherches internet sur le suicide à partir d’une tablette retrouvée dans son domicile de Düsseldorf. De plus, à une reprise au moins et pendant plusieurs minutes, il s’est également informé sur le système de blindage des portes de cockpit. Les recherches internet ont été effectuées entre le 19 et le 23 mars, veille de la catastrophe. « Le browser n’avait pas été effacé. Nous n’avons pas de doute que c’est bien Lubitz qui a effectué ces recherches : le nom de l’utilisateur, la correspondance personnelle et les recherches lancées permettent de conclure que c’est le copilote qui a utilisé l’appareil aux heures qui nous intéressent » poursuit la justice allemande.

Andreas Lubitz avait interrompu sa formation de pilote pendant plusieurs mois, en 2009, en raison de problèmes psychiques. Les enquêteurs ont par ailleurs retrouvé chez lui quantité de médicaments psychotropes et plusieurs arrêts maladie déchirés, laissant penser qu’il avait cherché à cacher son état de santé à son employeur et à son environnement professionnel. Selon des révélations de la presse allemande, les médicaments retrouvés sont du même type que ceux utilisés dans le traitement des troubles bi-polaires maniaco-dépressifs.

L’examen de la seconde boîte noire de l’A320 devrait permettre de savoir exactement ce qui s’est passé à bord de l’appareil le 24 mars dernier. Dans la journée, le procureur de Marseille a fait savoir que la seconde boîte noire de l’A320 a été retrouvée par une policière, enfouie dans la terre sous des débris de l’appareil, à un endroit que les secouristes avaient déjà fouillé à plusieurs reprises. Noircie, elle a visiblement en partie brûlé. « L’état de la boîte noire nous laisse toutefois espérer qu’elle sera exploitable », estime le procureur Brice Robin. La boîte noire sera envoyée dans la soirée au BEA, le bureau d’enquête et d’analyse chargé de décoder les données sur l’altitude, la direction et la vitesse de l’appareil avant le crash.

Dans la journée, le ministre allemand de l’Intérieur Thomas de Maizière s’est prononcé en faveur d’un rétablissement des contrôles d’identité aux aéroports au sein de l’espace Schengen. « Nous avons découvert après la catastrophe que nous ne savions même pas qui se trouvait à bord de l’appareil. Avec la suppression des contrôles d’identité, on ne sait même pas si la personne qui a pris l’avion est bien celle dont le nom figure sur la carte d’embarquement, il faut revoir ces règles », estime le ministre.