Etats-Unis

Andrew Cuomo, gouverneur de New York: «Une bombe à New York, c'est du terrorisme»

Pour l'heure, l'attentat qui a blessé 29 personnes à Chelsea samedi soir n'a pas été revendiqué. Il intervient alors que New York se barricade dans la perspective de l'Assemblée générale des Nations unies, à laquelle participent de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement

Après une déflagration qui a secoué le quartier branché de Chelsea samedi soir, les autorités new-yorkaises s’activent à trouver des réponses à ce qu’elles ne considèrent pas, pour l’heure, comme un acte terroriste. Placée dans une poubelle à proximité d’un chantier dans la 23e rue entre le célèbre Chelsea Hotel et le site très touristique du Flat Iron, ce qui apparaît être une bombe a explosé vers 20h30, blessant 29 personnes. Si certaines blessures sont considérées comme étant graves, aucune n’engage un pronostic vital et tous les blessés ont désormais quitté l'hôpital. De nombreux débris jonchaient encore le sol dimanche. Selon le gouverneur de New York Andrew Cuomo, l’explosion a provoqué d’importants dégâts matériels.

Lire: Une explosion «intentionnelle» fait 29 blessés à New York

Dimanche matin, le quartier était encore verrouillé afin de laisser la police de New York (NYPD) poursuivre son travail d’investigation sur les causes et les raisons d’une explosion que le maire de New York Bill de Blasio estime être un «acte intentionnel».

A quatre pâtés de maison du lieu de la déflagration, la police a découvert une cocotte-minute, des câbles et un téléphone portable enfouis dans un sac en plastique et a emporté ce matériel pour analyse à l’aide d’un robot télécommandé et d’une sphère spécialement conçue pour transporter des explosifs. Dimanche, la police examinait la cocotte-minute dans un centre du Bronx avant de l’envoyer au centre scientifique de Quantico, la base des Marines en Virginie.

Même si le maire de la Grande Pomme a déclaré qu’il n’y avait pas de menace terroriste imminente, beaucoup s’interrogent. Depuis les attentats d’Orlando et de San Bernardino commis par des Américains qui avaient déclaré agir au nom de l’État islamique, les Etats-Unis craignent l’action d’individus isolés. Peu après l'explosion de Chelsea, un homme blessait au couteau huit promeneurs du centre commercial du Minnesota avant d'être abattu par un policier qui n'était pas en service. Une attaque revendiquée ce dimanche par l'agence de propagande de l'Etat islamique Amaq.

Lire: L’attaque du Minnesota menée par un «soldat de l'EI» selon l'agence de propagande Amaq

Plusieurs experts estimaient dimanche que l’explosion de samedi à Chelsea n’était sans doute pas l’oeuvre d’un réseau organisé et ne semblait pas provenir d’un engin sophistiqué. Andrew Cuomo, à l’image de nombre de responsables politiques aux Etats-Unis, a été prudent avant de qualifier la déflagration : «Une bombe qui explose à New York, c’est du terrorisme. Mais tout cela n’est pas lié à un réseau terroriste international ».

Les candidats à la présidence des Etats-Unis Donald Trump et Hillary Clinton ont réagi de façon très différente. Le premier a répété son mantra, estimant qu'à l'avenir, il faudrait être très très dur pour rétablir «l'ordre» dans le pays («Law and Order»). La démocrate a en revanche appelé à la prudence avant de qualifier la déflagration de Chelsea.

Les instances chargées de la sécurité de la ville étaient déjà sur des charbons ardents, à la veille du début de l’Assemblée générale des Nations unies lundi à laquelle participent de nombreux chefs d’État et de gouvernement dont le président Barack Obama, censé arriver à New York dimanche soir et y rester jusqu’à mercredi.

Un lien avec l'explosion dans le New Jersey?

Jusqu’ici, l’unité anti-terroriste de la NYPD, dotée de moyens considérables pour assurer la sécurité de New York, avait réussi à déjouer plusieurs attentats dont une tentative de faire exploser une voiture pleine d’explosifs sur Times Square en 2010. Aucun lien n’a été établi dimanche entre cet attentat et l’explosion d’une autre bombe le long du parcours d’une course à pied organisée par les Marines dans la ville côtière de Seaside Park dans le New Jersey. L’engin explosif placé là aussi dans une poubelle n’a toutefois fait aucun blessé, détonnant peu avant le début de la course. Les débris sont eux aussi envoyés à Quantico pour être examinés.

Mais l’incident n’a pas manqué de raviver les douloureux souvenirs du marathon de Boston, en avril 2013 lorsqu’une cocotte-minute placée près de l’arrivée avait explosé, tuant trois personnes et en blessant 264 autres. Pour James O’Neill, qui vient de remplacer William Bratton à la tête de la NYPD, c’est un début pour le moins mouvementé.

Le gouverneur Andrew Cuomo l’a martelé : les New-Yorkais ne laisseront personne les contraindre à changer de mode de vie. Parlant du (des) présumé(s) auteur(s) de l’attaque, il a déclaré : «Nous ne les laisserons pas instiller la peur. Nous ne les laisserons pas gagner. » Le démocrate a aussi rappelé que la NYPD et les autorités feraient tout en leur pouvoir pour trouver le(s) auteur(s) de l’attaque et le(s) traduire en justice.

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