Comment un président de la République peut-il faire campagne pour sa réélection quand ses prérogatives, essentiellement limitées à la politique étrangère et à la défense, sont reléguées au second plan par la pandémie de Covid-19 et ses conséquences économiques? Cette question difficile à laquelle doit répondre en Pologne Andrzej Duda constitue un enjeu plus important encore pour sa famille politique, le parti national-conservateur Droit et justice (PiS), au pouvoir depuis 2015.

Bien que le régime polonais, de type parlementaire, consacre la prépondérance du premier ministre, le président, élu au suffrage universel direct, n’est pas réduit à une seule fonction de représentation et dispose d’un droit d’initiative et de veto législatifs. Ainsi les situations de cohabitation tendent en Pologne à davantage profiter au chef de l’Etat, qui peut bloquer certaines décisions de la majorité gouvernementale. Un tel scénario de partage du pouvoir, improbable il y a quelques semaines en raison de l’écrasante popularité d’Andrzej Duda, n’est plus à exclure depuis l’entrée en lice le 15 mai du maire de Varsovie, le libéral Rafal Trzaskowski. Ses scores élevés dans les sondages inquiètent le PiS, qui a donc dû sonner la mobilisation générale.