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Les efforts de la chancelière allemande ont été vains. /Sean Gallup/Getty Images
© Sean Gallup

Allemagne

Angela Merkel avoue son échec à former un gouvernement

Après plus d’un mois de laborieuses tractations, les libéraux ont jeté l’éponge. Le président Frank-Walter Steinmeier pourrait décider de reconvoquer les Allemands aux urnes en début d’année prochaine

La chancelière allemande Angela Merkel et son parti conservateur (CDU) ont échoué dimanche soir à forger une coalition gouvernementale, plongeant l’Allemagne dans une crise politique inédite.

Lire aussi notre revue de presse: Angela Merkel se retrouve confrontée à sa plus grave crise politique

Au pouvoir depuis 2005, la chancelière a, certes, remporté ces législatives, mais avec le pire score depuis 1949 pour son parti. Depuis plus d’un mois, elle négociait une coalition sur le papier contre nature – et jamais encore expérimentée au plan national – entre son parti conservateur (CDU-CSU), les libéraux du FDP, et les écologistes. Mais au terme d’un week-end marathon de pourparlers, le FDP a annoncé avoir quitté la table des négociations faute d’accord sur des questions clés, telles que celles l’immigration et l’environnement.

Faute d’alternative, la première puissance économique européenne se prépare à plusieurs semaines ou mois de paralysie politique, sur le plan national comme en Europe. Au final, les Allemands pourraient devoir retourner aux urnes en début d’année prochaine, alors qu’ils viennent d’élire leurs députés à la fin de septembre.

Le président allemand tranchera sur l’organisation de nouvelles élections

«Il est préférable de ne pas gouverner que de mal gouverner», a déclaré le président du FDP Christian Lindner. Il a jugé qu’il n’y avait pas de «positions communes et de confiance mutuelle» suffisantes pour envisager un gouvernement de ce type pendant quatre ans.

Lire aussi: Merkel joue son va-tout pour éviter la crise

Angela Merkel a «déploré» cette décision, estimant qu’un accord aurait été possible avec un peu plus de volonté de compromis. «C’est un jour de grande réflexion sur la manière d’avancer en Allemagne», a-t-elle ajouté, visiblement fatiguée. «En tant que chancelière, je ferai tout pour garantir que ce pays soit correctement dirigé au cours des difficiles semaines qui s’annoncent.»

Angela Merkel va donc rencontrer le président Frank-Walter Steinmeier pour lui faire part de son échec. C’est au président allemand qu’il reviendra de décider s’il faut convoquer de nouvelles élections.

Peu d’alternatives pour Angela Merkel

Cet échec des tractations pourrait plonger l’Allemagne dans sa pire crise politique depuis des décennies. La constitution ne fixant pas de limite pour la formation d’un gouvernement, Angela Merkel peut en théorie, après une pause, faire une nouvelle tentative de coalition avec les quatre partis. Mais compte tenu des divisions, la tâche s’annonce rude.

Lire aussi: Angela Merkel est réélue, mais affaiblie

Elle peut aussi essayer de convaincre les sociaux-démocrates de revenir sur leur refus de gouverner avec elle. Mais le SPD ne cesse de réitérer son souhait de faire une cure d’opposition.

Il ne reste à Angela Merkel et à la CDU que l’option d’un gouvernement minoritaire inédit depuis l’après-guerre ou l’organisation de nouvelles élections législatives qui pourraient profiter au parti d’extrême droite, Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Un impact immédiat sur les cours de l’euro

L’échec gouvernemental de dimanche est aussi son échec personnel. Selon un sondage, plus de 60% des Allemands pensent qu’elle ne pourra plus rester en poste désormais. Dans l’immédiat, la chancelière doit continuer à diriger, comme elle le fait depuis un mois, un gouvernement qui se contente de gérer les affaires courantes et ne peut donc prendre aucune décision majeure.

Il s’agit d’une mauvaise nouvelle notamment pour les partenaires européens de l’Allemagne, la France en particulier, dont le président Emmanuel Macron a présenté en septembre des propositions de relance de l’Union européenne et de la zone euro.

Lire aussi: Merkel-Macron, l’axe européen du possible

L’échec des négociations a eu un impact immédiat sur les cours de l’euro. Vers 1 heure, la monnaie unique reculait de 0,6% contre le yen, touchant un plus bas sans précédent depuis la mi-septembre contre la monnaie japonaise, et de 0,5% contre le dollar à 1,1735 dollar.

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