Allemagne

Angela Merkel promet le retour au plein-emploi

La chancelière allemande s’est lancée lundi dans la campagne électorale, avec la présentation du programme de la CDU en vue des législatives du 24 septembre. L’ensemble de ses promesses repose sur le retour au plein-emploi d’ici 2025. Le programme ne présente que d’infimes différences par rapport à celui des sociaux-démocrates

Les conservateurs allemands – la CDU d’Angela Merkel et sa petite sœur bavaroise et catholique la CSU – ont adopté et présenté lundi leur programme électoral en vue des législatives du 24 septembre. Le catalogue de promesses électorales repose sur la conviction que l’Allemagne retrouvera le plein-emploi d’ici 10 ans.

Angela Merkel l’a répété à plusieurs reprises. A ses yeux, la meilleure campagne est l’exercice du pouvoir. A la chancellerie depuis 12 ans, elle dispose de fait d’un bonus de taille par rapport à son challenger social-démocrate, l’ancien président du parlement européen Martin Schulz, à la traîne de 15 points dans les sondages. C’est finalement à moins de trois mois des élections législatives et bien après les autres candidats, qu’elle s’est lancée lundi dans la course en présentant son programme électoral. Cette année encore, la campagne de la CDU tournera essentiellement autour de la personne d’Angela Merkel et mettra l’accent sur le bilan de ses trois législatures, sous le slogan «Une Allemagne dans laquelle il fait bon vivre».

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La CDU promet tout simplement «la prospérité et la sécurité pour tous», grâce notamment au plein-emploi, dont le retour est programmé pour 2025. Selon le programme de la CDU, le chômage devrait passer d’ici 2025 sous la barre des 3% – un niveau que la République fédérale n’a jamais retrouvé depuis le choc pétrolier de 1973 - au lieu de 5,8% à l’heure actuelle. «Nous pensons être en mesure d’accomplir cela», a déclaré la chancelière, rappelant qu’à son arrivée au pouvoir en 2005, le pays comptait 5 millions de demandeurs d’emploi, contre un peu moins de 3 millions aujourd’hui.

De ce scénario – de nature à remplir les caisses publiques – découlent toutes les promesses faites par la CDU et la CSU. Les conservateurs allemands promettent un allégement de l’impôt sur le revenu de 15 milliards d’euros par an pour les classes moyennes, la suppression par étapes de l’impôt solidarité, destiné à financer la réunification, un coup de pouce fiscal aux familles pour un premier investissement immobilier, le renoncement à toute réforme des retraites d’ici 2030, l’assurance pour les parents de trouver pour leurs enfants une place dans une école accueillant également les élèves l’après-midi s’ils le souhaitent, la construction de 1,5 million de nouveaux logements d’ici 2019, la création de 15 000 emplois dans la police à travers le pays et 12 milliards d’euros d’investissements, notamment dans le réseau numérique.

Défense et aide au développement

La CDU s’engage enfin à augmenter le budget de l’aide au développement dans les mêmes proportions que le budget de la défense. «Chaque euro investi dans la défense entraînera une dépense d’un euro supplémentaire pour l’aide au développement», insiste le programme. Le tout sans toucher au sacro-saint équilibre des finances publiques sur lequel veille jalousement le ministre des Finances Wolfgang Schäuble. Dans une interview diffusée dimanche, Schäuble a même jugé envisageable que les baisses d’impôts soient supérieures aux 15 milliards évoqués jusque-là par la CDU.

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Le programme ne se distingue au final guère de celui du SPD. Les sociaux-démocrates ont eux aussi promis d’alléger de 15 milliards d’euros le volume de l’impôt sur le revenu pour les classes moyennes, mais le SPD promet aussi d’augmenter les impôts pour les plus riches, ce qui l’autorise à envisager d’engager davantage de dépenses pour l’investissement public et la relance de la croissance.

«Nationalisme éclairé»

Angela Merkel introduit par ailleurs dans sa campagne 2017 une touche de patriotisme, fait inhabituel dans un pays qui renâcle toujours à afficher sa fierté nationale en dehors du domaine sportif. Ce «nationalisme éclairé» se traduit par la présence des couleurs du drapeau national sur chacune des affiches électorales de la CDU, à la place de l’orange, couleur traditionnelle du parti, afin de damer le pion aux populistes de l’AfD. Face à cette nouvelle concurrence sur son aile droite, la CSU – qui présentera le 23 juillet le «volet bavarois» de son programme – a pour sa part décidé de maintenir sa revendication de plafonner l’arrivée de nouveaux migrants à 200 000 personnes par an, contre l’avis d’Angela Merkel. C’est le seul point de discorde entre les deux partis, qui affichent ainsi une inhabituelle unité, à moins de trois mois des élections.

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