Union européenne

Angela Merkel se montre compréhensive à l’égard du Royaume-Uni

La chancelière allemande a rencontré mercredi soir à Berlin la nouvelle première ministre britannique Theresa May. Celle-ci devait encore s'entretenir avec François Hollande cet après-midi à Paris. Les négociations sur le Brexit ne commenceront pas avant la fin de l’année

Le Royaume-Uni n’enclenchera pas la clause 50 du traité de Lisbonne qui porte sur la sortie d’un Etat membre de l’Union européenne (UE) avant la fin de l’année. Au lendemain du vote où les Britanniques ont approuvé le Brexit, plusieurs dirigeants, y compris ceux des institutions européennes, avaient souhaité des négociations rapides pour une sortie ordonnée afin de mettre fin à l’incertitude sur l’avenir de l’UE.

Mais lors d’une visite mercredi soir à Berlin, la nouvelle première ministre britannique Theresa May a convenu avec la chancelière allemande Angela Merkel que Londres avait besoin de temps pour se préparer aux négociations.

Une chose est certaine: Londres n’entend pas revenir sur la décision souveraine prise le 23 juin dernier; elle a renoncé à la présidence européenne qui lui revenait au 2e semestre 2017. «Brexit is Brexit», avait dit Theresa May lors de son intronisation la semaine dernière.

«Il est dans l’intérêt de tous que le Royaume-Uni demande cette sortie quand elle aura une position de négociation bien définie», a déclaré Angela Merkel à la presse aux côtés de la première ministre britannique mercredi soir à Berlin. Réponse de son invitée: «Cela va prendre du temps et demander un travail très précis pour affiner notre position dans les tractations avec le reste de l’UE».

Tant la première ministre britannique que son ministre des Affaires étrangères Boris Johnson ont réitéré à maintes reprises que le Royaume-Uni allait certes sortir de l’UE, mais comptait continuer à jouer un rôle moteur dans la vie économique et politique européenne. Dans tous les cas, le Royaume-Uni veut négocier un accord qui lui donne accès au Marché unique européen.

Selon Euractiv, une agence d’informations spécialisée sur l’UE, Angela Merkel a fait allusion aux bonnes relations qui ont toujours existé entre l’Allemagne et le Royaume-Uni, deux pays qui défendent les principes de la libre-concurrence et du libre-échange. La presse allemande, elle affirme que le pays a tout intérêt à garder un lien fort avec le Royaume-Uni qui est l’une des principales destinations pour ses exportations des biens et des services.

Theresa May doit se rendre à Paris ce jeudi dans le même but: expliquer au président français pourquoi elle a besoin de plus de temps avant de d’enclencher l’article 50. En attendant, François Hollande qui se trouvait à Dublin jeudi matin, a réaffirmé sa position: «Que les négociations pour la sortie se déroulent le plus vite possible et qu’il ne peut pas y avoir de discussions qui précèdent les négociations.»

Publicité