Deux mois après son intervention terrestre dans le nord de l'Irak, l'armée turque a relancé les opérations, aériennes cette fois, contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Il y a dix jours, l'aviation a mené deux raids dans les montagnes nord-irakiennes où se trouve le quartier général de cette organisation qualifiée de terroriste par Ankara, Washington et Bruxelles.

Samedi, l'état-major turc a confirmé avoir de nouveau pilonné la zone dans la nuit de jeudi à vendredi, durant trois heures. Cette fois, ce sont les monts Qandil, situés à la frontière de l'Iran, qui ont été visés. Plus de 150 «terroristes» y auraient été tués, dont certains haut gradés. Ces raids «réussis» auraient atteint leurs cibles et créé «une grande panique» au sein de l'organisation. «La lutte contre le terrorisme a eu des résultats très positifs cette année, a commenté le numéro deux de l'armée turque, le général Basbug. L'organisation terroriste est dans un état de confusion et de trouble.»

Le son de cloche est toutefois très différent du côté de la rébellion. Le PKK a démenti ce bilan de 150 morts et confirme uniquement la mort de six personnes, membres d'une autre faction kurde, le Pejak, qui vise l'Iran et non la Turquie.

Une fois encore, ces déclarations contradictoires sont impossibles à vérifier, la zone où se déroulent les attaques aériennes étant inaccessible. Néanmoins, les deux parties s'accordent à dire que ces opérations sont les plus importantes de l'année. Selon un chef du PKK, elles annoncent une nouvelle incursion terrestre turque dans le nord de l'Irak, semblable à celle de février. L'armée en les moyens. En octobre dernier, le parlement l'a autorisée à traverser la frontière durant une année.

Dialogue avec les Kurdes d'Irak

Les choses bougent aussi au niveau diplomatique. Pour la première fois, une délégation turque a rencontré officiellement des représentants de l'administration kurde d'Irak, jeudi à Bagdad. Cette rencontre ouvre une brèche dans la diplomatie turque. Ankara a en effet refusé durant des années de dialoguer avec les Kurdes d'Irak, soupçonnés de soutenir le PKK et de vouloir à terme obtenir l'indépendance. La glace avait commencé à se briser en mars, avec la visite à Ankara du président irakien, Jalal Talabani, d'origine kurde.