S’il faut les juger par les paroles, les intentions sont on ne peut plus claires: «La paix ne peut être basée que sur la vérité, et nous la connaissons tous», expliquait cette semaine le premier ministre Benyamin Netanyahou devant le parlement israélien, peu avant la prestation de serment de son nouveau gouvernement. Cette «vérité» a été un peu enfouie dans les méandres de la longue crise qu’a traversée le pays, et qui a finalement signifié l’inattendue résurrection politique du premier ministre. Elle concerne la promesse faite par l’Israélien d’annexer sans tarder une grande partie des territoires palestiniens. «La vérité, c’est que ces endroits sont ceux qui ont vu la naissance de la nation juive», insistait Netanyahou, en référence à la Cisjordanie. Et comme pour balayer les derniers doutes sur son implication: «Cette annexion est aujourd’hui possible car cela fait trois ans que j’y travaille.»

Une annexion de la vallée du Jourdain, des principales colonies israéliennes, voire davantage? Une bonne partie des commentateurs israéliens se contente de hausser les épaules, convaincue que beaucoup d’eau coulera encore sous les ponts avant qu’elle devienne une réalité. Après tout, une majorité des Israéliens n’y est pas favorable et Israël risquerait de se mettre à dos bon nombre d’Etats en procédant à cette manœuvre illégale en regard du droit international. Ces mêmes observateurs, pourtant, n’avaient pas vu venir le retour aux commandes de l’insubmersible premier ministre. Netanyahou a montré une maîtrise certaine à l’heure de déjouer les pronostics.