Après les attentats du 11 septembre, le phénomène s'est déjà produit une première fois. L'un des pirates de l'air avait été soupçonné d'avoir rencontré des agents des services secrets irakiens à Prague. Et au sein de l'administration américaine, les plus farouches partisans d'une guerre contre le régime de Saddam Hussein y avaient vu la preuve de la collusion entre Bagdad et le réseau Al-Qaida d'Oussama Ben Laden.

Aujourd'hui, Ansar al-Islam joue ce rôle de chaînon manquant. Ce groupe de militants islamistes kurdes est soupçonné d'héberger dans son réduit des montagnes du nord de l'Irak des combattants d'Al-Qaida en provenance d'Afghanistan, qui y établiraient des camps d'entraînement. Selon les Kurdes de l'UPK, ces quelque 500 militants seraient en train de recréer un îlot taliban dans lequel musique, jeux et divertissements occidentaux seraient interdits. Plus grave, les hommes du réseau d'Oussama Ben Laden y mèneraient des expérimentations d'armes chimiques et bactériologiques.

Opération trop risquée

Mardi, le Washington Post a révélé que le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, avait rencontré le chef du Commandement des opérations spéciales en juillet pour discuter de la possibilité d'une opération commando pour éliminer Ansar al-Islam. Cette semaine, Donald Rumsfeld a répété que la connivence de Bagdad était évidente avec le groupe. «Dans une dictature vicieuse et répressive exerçant un contrôle presque total sur sa population, il est difficile d'imaginer que le gouvernement n'est pas au courant de ce qui se passe là-bas», a-t-il dit, ajoutant que, selon lui, Al-Qaida s'était implanté dans de nombreux endroits en Irak.

Une intervention coup de poing dans le nord de l'Irak ne semble cependant plus de mise aujourd'hui. Selon le quotidien britannique The Independent, la Maison-Blanche a abandonné cette option en considérant que la menace représentée par Al-Ansar ne valait pas les risques humains que comporte un raid commando.