Les sourires et les gentillesses entre le président russe et son homologue américain George Bush, lors du sommet du G8, n'auront pas duré. Washington et Prague ont officiellement signé mardi le premier accord sur le déploiement d'un bouclier antimissile en République tchèque, provoquant une vive réaction de colère à Moscou, toujours opposé à l'installation de ce dispositif de défense américain sur le territoire des anciens satellites de l'Union soviétique. A la clôture du sommet, mercredi, Dmitri Medvedev a réagi: «La Russie ne va pas se livrer à l'hystérie, mais réfléchir à des mesures de rétorsion», a-t-il annoncé, sans préciser la forme de ces mesures, sinon qu'il s'agirait de «moyens militaires techniques».

Réticence de Varsovie

Depuis le début de ce projet de défense américain, destiné à riposter à d'éventuels missiles tirés à partir «d'Etats voyous», notamment l'Iran, Moscou tente d'en freiner le lancement, sans grande chance de succès. Washington entend installer en République tchèque un radar, couplé à une dizaine de missiles qui seraient déployés dans la Pologne voisine. Suite à la réticence de Varsovie, les rumeurs évoquent l'installation des missiles en Lituanie, des bruits de couloir qui émeuvent encore davantage Moscou, irrité à l'idée de voir des installations militaires américaines sur le sol même de ce qu'était l'URSS.

Lors de la dernière rencontre entre George Bush et l'ex-président Vladimir Poutine, en avril, la question du bouclier avait été traitée en priorité, sans cependant déboucher sur une entente entre les deux pays: Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev insistent pour la mise en place d'un système de défense commun, incluant la Russie, à l'échelle de l'Europe. Washington persiste à vouloir développer son propre système antimissile, tout en ayant assuré à Moscou que des inspecteurs russes seraient autorisés à l'intérieur des installations, une proposition jugée insuffisante par la partie russe.