Migration

Antonio Guterres: «L’Europe a les moyens d’accueillir les réfugiés»

Le haut-commissaire aux Réfugiés, Antonio Guterres, appelle l’Europe à davantage de solidarité pour mieux répartir les réfugiés qui arrivent en Italie ou en Grèce. Il recevait mercredi à Genève le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve

«L’Europe a les moyens d’accueillir les réfugiés»

Le haut-commissaire aux réfugiés, Antonio Guterres, a félicité mercredi l’Allemagne et la France. Angela Merkel et François Hollande avaient appelé lundi à une plus grande solidarité entre pays européens pour faire face à l’afflux de demandeurs d’asile. Le Portugais s’est adressé aux médias après avoir reçu le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) n’avait pas ménagé ses critiques à l’égard de la France sur la situation à Calais, où des milliers de personnes étaient bloquées, essayant de pénétrer dans le tunnel sous la Manche pour rejoindre la Grande-Bretagne. Des tentatives qui s’étaient soldées par la mort d’un Soudanais.

Manque de solidarité

A Genève, les deux hommes se sont efforcés d’apparaître sur la même longueur d’onde. «L’Europe doit être à la hauteur de la responsabilité qui lui incombe», a souligné Bernard Cazeneuve, louant «l’engagement» du haut-commissaire. Antonio Guterres a rappelé que plus de 290 000 personnes ont débarqué sur les côtes européennes depuis le début de l’année, en majorité des réfugiés en provenance de Syrie, d’Afghanistan ou d’Erythrée. «Ce chiffre peut paraître énorme par rapport à la population de la Macédoine, mais, avec ses 508 millions d’habitants, l’Europe dans son ensemble a les capacités de faire face à ce défi», a plaidé le haut-commissaire. A condition de faire preuve de solidarité.

C’est loin d’être gagné. Au-delà de la volonté franco-allemande de faire du dossier des réfugiés une priorité, le ministre français de l’Intérieur est venu les mains vides à Genève. Le HCR manque pourtant cruellement de fonds pour répondre aux besoins des réfugiés syriens dans les pays voisins, déjà submergés. «La détérioration des conditions de vie, en particulier en Turquie, favorise les mouvements vers l’Europe», a prévenu Antonio Guterres.

«La France a rempli sa part», a estimé Bernard Cazeneuve. En mai, la Commission européenne avait proposé de répartir 40 000 demandeurs d’asile parmi les pays de l’Union européenne. Devant le refus de quotas obligatoires, Paris et Berlin ont offert plus de la moitié des 32 000 places finalement consenties par les pays de l’UE. Pas question non plus pour la France de déroger à l’accord de Dublin, comme l’Allemagne qui vient d’annoncer qu’elle ne renverrait aucun demandeur d’asile syrien vers le premier pays d’entrée dans l’UE.

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