Un face-à-face. Ou presque. Une juxtaposition d’images et des retrouvailles pour ainsi dire. Les chefs de la diplomatie américaine et russe sont intervenus mercredi par visioconférences dans le cadre de la 46e session du Conseil des droits de l’homme (CDH) à Genève. Antony Blinken et Sergueï Lavrov incarnent visiblement deux manières opposées d’assumer leur rôle dans un organe onusien qui a vu revenir les cinq membres permanents du Conseil de sécurité. On est loin du sommet Reagan-Gorbatchev de 1985 à Genève où apparaissaient déjà les prémices de la fin de la guerre froide. Mais ce duel virtuel illustre déjà ce qui attend l’institution genevoise: des débats très vifs. Le CDH, davantage peut-être que le Conseil de sécurité à New York, devient tout à coup l’enceinte centrale où s’affrontent des conceptions très divergentes des relations internationales.

Fortes tensions

Entre la Russie et les Etats-Unis et plus largement l’Occident, les tensions ont rarement été aussi fortes depuis la chute du mur de Berlin. Il y a quelques jours, les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé de sanctionner des hauts fonctionnaires russes impliqués dans l’arrestation de l’opposant Alexeï Navalny. L’administration américaine de Joe Biden n’a plus la même complaisance envers Moscou que Donald Trump. Elle est en train d’élaborer une riposte musclée à la cyberattaque la plus élaborée de l’histoire perpétrée par la Russie contre neuf agences gouvernementales et une centaine de sociétés américaines.