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Le Conseil de sécurité de l’ONU, mardi./AFP/Hector RETAMAL
© HECTOR RETAMAL

Syrie

Après les attaques chimiques présumées en Syrie, l’ONU reste muselée

Moscou a mis son veto à un projet de résolution américain prévoyant un nouveau «mécanisme d’enquête indépendant» sur le recours aux armes chimiques en Syrie. Il s’agit du douzième veto russe sur une résolution de l’ONU concernant ce pays depuis 2011

Le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) a étalé mardi ses divisions sur la création d’un nouveau mécanisme d’enquête sur le recours aux armes chimiques en Syrie, se montrant incapable d’un consensus au profit de la population syrienne. Faisant suite à des attaques chimiques présumées samedi à Douma en Syrie, un triple vote – rare à l’ONU la même journée et sur le même sujet – sur deux textes russes et un texte américain n’a abouti à aucune adoption.

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«La Russie a saccagé la crédibilité du Conseil de sécurité», a lancé l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley. C’est «une farce!» et «la Russie est excellente pour jouer des jeux», a-t-elle ajouté.

«Vous faites encore un pas vers la confrontation» et «vous êtes très douée pour les menaces», a rétorqué son homologue russe Vassily Nebenzia, en évoquant celle brandie actuellement par Washington de sanctionner par la force les dernières attaques imputées au régime syrien soutenu par Moscou et Téhéran.

Loin de ces échanges acrimonieux, la session à fort enjeu stratégique du Conseil de sécurité avait été précédée d’une longue et chaleureuse poignée de main entre Vassily Nebenzia et Nikki Haley.

La Russie et la Bolivie bloquent la résolution américaine

Lors d’un premier scrutin, la Russie, membre permanent, a d’emblée mis son veto à un projet de résolution américain prévoyant un nouveau «mécanisme d’enquête indépendant des Nations unies» (Unimi) sur le recours aux armes chimiques en Syrie.

Ce projet a été soutenu par 12 pays, deux ont voté contre (Russie et Bolivie) et un s’est abstenu (Chine). Le Conseil de sécurité comprend 15 membres et un texte est adopté lorsqu’il recueille au moins 9 voix, sans veto d’un membre permanent. Il s’agit du douzième veto russe sur une résolution de l’ONU concernant la Syrie depuis le début de la guerre en 2011. Six d’entre eux concernaient les armes chimiques, a déploré l’ambassadeur néerlandais, Karel Van Oosterom. «L’impunité ne peut prévaloir», a-t-il imploré.

Lire aussi: En Syrie, une guerre presque mondiale

«Nous usons de notre veto pour défendre le droit international […] et ne pas entraîner le Conseil de sécurité dans des aventures», a expliqué Vassily Nebenzia. «Notre résolution garantissait l’indépendance d’un mécanisme d’enquête» contrairement au projet russe, avait auparavant dit Nikki Haley, tandis que son homologue français, François Delattre, déplorait que «le régime de Damas n’ait jamais renoncé à l’usage d’armes chimiques contre sa population».

Un projet russe de résolution «surprise»

Lors d’un deuxième vote, le Conseil de sécurité a rejeté un projet de résolution russe proposant un autre mécanisme d’enquête. Ce texte a été approuvé par seulement six pays, alors que sept se sont prononcés contre et que deux ont choisi l’abstention. Le projet russe ne favorisait pas un nouvel organisme indépendant, selon les Occidentaux.

L’ONU n’a plus d’organisme d’enquête dédié aux attaques chimiques en Syrie depuis la disparition fin 2017 du JIM, un groupe ONU-OIAC (Organisation pour l’interdiction des armes chimiques) dont le mandat n’a pas été renouvelé en raison de plusieurs veto russes.

Après des consultations ultimes réclamées par la Suède, au cours desquelles des diplomates ont constaté que «ça tournait en rond», un troisième vote sur un projet russe de résolution «surprise» a entériné l’échec final de l’ONU. Le texte qui visait à soutenir une enquête à Douma de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques n’a recueilli que cinq voix pour, quatre pays ont voté contre et six se sont abstenus.

Lire aussi l’éditorial: Armes chimiques en Syrie: de la riposte à la stratégie

Basée à La Haye, l’OIAC n’a pour mission que de confirmer ou d’infirmer le recours à des armes chimiques sans en identifier leurs utilisateurs. Elle a indiqué mardi envoyer «sous peu» des enquêteurs à Douma. Ils doivent arriver «en fin de semaine», selon Vassily Nebenzia. «S’ils n’y arrivent pas», cela voudra dire qu’il y a «des jeux géopolitiques méprisables» et «des plans militaires agressifs», a-t-il ajouté. Pour les Occidentaux, ce dernier texte russe visait «à brouiller les pistes». Selon eux, une mission de l’OIAC reste aléatoire.

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