Les touristes étrangers ont commencé, mardi, à débarquer au Japon. Le pays a levé entièrement les restrictions qui étaient en place à ses frontières depuis près de deux ans et demi pour faire face à la pandémie de coronavirus. Depuis l'annonce fin septembre de la réouverture des frontières nippones, «on est sous l'eau, on n'a pas eu le temps de traiter toutes les demandes» de réservations, a confié à l'AFP Antoine Chanthavong de l'agence de voyages Destination Japon à Paris.

Les visiteurs en provenance de 68 pays et territoires (dont l'Union européenne et les Etats-Unis) bénéficient de nouveau depuis mardi d'une exemption de visa pour les séjours touristiques au Japon, s'ils peuvent présenter une preuve de vaccination contre le Covid-19 ou un test négatif réalisé moins de trois jours avant le départ.

L'archipel, qui avait accueilli un nombre record de 31,9 millions de visiteurs étrangers en 2019 et en espérait 40 millions l'année suivante, quand les Jeux olympiques de Tokyo devaient initialement avoir lieu, avait verrouillé ses frontières au printemps 2020 au début de la pandémie. En 2021, moins de 250 000 visiteurs étrangers ont pu mettre le pied sur le sol nippon et les JO de Tokyo se sont tenus pratiquement à huis clos.

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Les voyages organisés autorisés depuis juin

«Nous avons acheté nos billets il y a plus de deux ans, mais nous avons dû reporter trois fois» ce voyage, explique Ngoc Hieu Nguyen, 57 ans, arrivé mardi avec son épouse depuis Toulon via Munich. Les Nguyen prévoyaient à l'origine de rendre visite à leur fille qui a étudié au Japon pendant trois ans. Entretemps, «elle est rentrée en France mais nous avons décidé de venir quand même».

La fermeture drastique du Japon aux visiteurs internationaux, y compris pendant un temps aux étudiants et aux voyageurs d'affaires, était une mesure populaire dans le pays mais critiquée à l'étranger.

Le gouvernement japonais avait entrouvert la porte aux touristes depuis juin, mais seulement dans le cadre de voyages organisés. Ce dispositif avait été allégé début septembre pour autoriser les séjours individuels, mais toujours via une agence de voyages.

Des mesures sanitaires en place

Les nouveaux arrivants devront s'adapter aux habitudes sanitaires encore très rigoureuses au Japon, où le port du masque est systématique dans les transports et les commerces, et observé par beaucoup y compris en extérieur.

Le gouvernement nippon vient d'ailleurs d'approuver un amendement législatif permettant aux hôtels de refuser les clients refusant de porter le masque ou de respecter les précautions sanitaires. «C'est très différent de Londres d'où nous venons, où il n'y a pas de masque», reconnaît Chris Irwin, 38 ans, arrivé avec son épouse.

Le Japon table sur la baisse du yen, qui a perdu 25% de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année, pour attirer les touristes et participer à la relance de son économie.

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Les tarifs des billets d'avion peuvent cependant être dissuasifs, gonflés par la flambée des prix du carburant, les lourdes pertes subies par les compagnies aériennes depuis 2020 et la guerre en Ukraine qui oblige les vols en provenance d'Europe à contourner la Russie. Il faut ainsi débourser 1500 à 2000 euros pour un vol direct aller-retour Paris-Tokyo.

Retour des touristes chinois au compte-gouttes

Le coronavirus a fait environ 45 000 morts dans ce pays comptant près de 126 millions d'habitants, soit nettement moins que dans beaucoup d'autres Etats industrialisés, et la perspective de rouvrir les vannes du tourisme a longtemps inquiété les autorités locales.

Le retour des touristes en provenance de Chine et de Hongkong, qui en 2019 représentaient 37% des visiteurs étrangers au Japon et 44% des recettes touristiques, devrait également se faire au compte-gouttes du fait des restrictions sanitaires drastiques en vigueur chez eux.