États-Unis

Après Helsinki, Donald Trump invite son homologue russe à Washington

Selon la porte-parole de la Maison-Blanche, des discussions sont «déjà en cours» pour une rencontre à Washington. De son côté, Vladimir Poutine continue de plaider pour un renforcement des contacts entre les deux grandes puissances nucléaires

En pleine polémique sur le sommet d’Helsinki, Donald Trump persiste et signe: il a fait savoir jeudi qu’il avait invité Vladimir Poutine à Washington à l’automne afin de «poursuivre le dialogue» avec l’homme fort du Kremlin. Selon Sarah Sanders, porte-parole de la Maison-Blanche, des discussions sont «déjà en cours» pour une nouvelle rencontre, cette fois-ci dans la capitale fédérale américaine.

Accusé par ses détracteurs, mais aussi par nombre d’élus de son parti, de s’être montré beaucoup trop conciliant avec son homologue russe, le président américain s’en est pris avec virulence aux journalistes coupables à ses yeux de ne pas avoir souligné le «grand succès» de leur face-à-face.

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Martelant sa conviction que bien s’entendre avec Vladimir Poutine était «une chose positive», Donald Trump a ajouté sur la chaîne CNBC: «Si cela ne fonctionne pas, je serai le pire ennemi qu’il ait jamais eu.»

La défense de Poutine

Fait remarquable, Vladimir Poutine avait, quelques heures plus tôt, lui aussi dénoncé les critiques visant Donald Trump, stigmatisant les «forces» aux Etats-Unis «prêtes à sacrifier les relations russo-américaines à leurs ambitions».

Plaidant pour un renforcement des contacts entre les deux grandes puissances nucléaires, le maître du Kremlin a notamment rappelé que le traité de réduction du nombre des armes nucléaires entre la Russie et les Etats-Unis, le New Start, devait expirer en 2021.

Pour le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, la conférence de presse Trump-Poutine a fait «beaucoup de bruit», sans que les médias apportent beaucoup d'«éclaircissements». «Le président [Trump] avait pour objectif de rediriger deux pays qui avançaient sur un mauvais chemin […], de créer un espace pour la communication et le dialogue et il y est parvenu», a-t-il estimé mercredi sur la chaîne catholique EWTN.

Un incendie qui peine à s’éteindre

Jeudi après-midi, la Maison-Blanche a tenté de clore une des nombreuses polémiques nées de la désormais célèbre conférence de presse sur la Baltique. Vladimir Poutine avait alors proposé de permettre à Washington d’interroger 12 agents du renseignement russes inculpés aux Etats-Unis pour interférence dans l’élection, mais à la condition d’une «réciprocité» sur des Américains soupçonnés «d’activités illégales».

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L’affaire s’était envenimée lorsque la justice russe avait précisé, mardi, vouloir interroger onze Américains, dont l’ex-ambassadeur des Etats-Unis à Moscou (2012-2014), Michael McFaul, nommé par l’ancien président démocrate Barack Obama.

Après avoir laissé planer le doute mercredi, ce qui a suscité une nouvelle tempête dans la capitale fédérale américaine, Sarah Sanders, porte-parole de l’exécutif, a indiqué que le président n’était «pas d’accord» avec cette proposition.

«Le président Trump a clairement indiqué que nous n’allons pas forcer des Américains à se rendre en Russie pour être interrogés par des Russes. Cela a fait beaucoup de bruit, je ne sais pas pourquoi. Les Américains peuvent être rassurés», a appuyé le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, sur les ondes de Voice of America.

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