Le secrétaire genéral de l'OTAN, George Robertson, a crédité la Yougoslavie d'une belle victoire diplomatique en déclarant que la zone d'exclusion qui interdit aux forces serbo-yougoslaves de s'approcher à moins de 5 km de la frontière du Kosovo était devenue «un sanctuaire pour les activités extrémistes». Belgrade réclame en effet depuis des mois que soit réduite cette étroite bande de territoire, qui traverse les communes de Presevo, Bujanovac et Medvedja, majoritairement peuplées d'Albanais et que contrôlent les combattants d'une Armée de libération locale (UCPMB), réplique de l'UÇK du Kosovo.

Que l'OTAN demande qu'un processus de négociation soit engagé ne dérange pas outre mesure les nouvelles autorités yougoslaves. Si Belgrade menace de réduire en «quelques jours» les activités de la guérilla, le représentant spécial du gouvernement serbe dans la région, Nebojsa Covic, a toujours maintenu le contact avec les partis politiques albanais légaux, notamment avec le maire de la commune de Presevo, Rizah Halimi. Et le président Vojislav Kostunica a personnellement indiqué être prêt à négocier avec tout le monde, «même avec les terroristes». Mieux encore: selon le ministre fédéral des Minorités nationales, le Slave musulman Rasim Ljajic, des pourparlers pourraient s'ouvrir d'ici une quinzaine de jours. A l'ordre du jour, un statut spécial d'autonomie pour cette région albanaise du sud de la Serbie.

Provocations

Encore faut-il toutefois que les Albanais trouvent un intérêt au dialogue. La rapide détérioration de la situation en Macédoine, où une Armée de libération nationale – dont le sigle albanais, UÇK, est identique à celui de l'ex-Armée de libération du Kosovo – a multiplié les provocations ces derniers jours, peut faire craindre une nouvelle escalade guerrière.

Lundi, des tirs à l'arme automatique et à la mitrailleuse anti-aérienne à gros calibre ont été entendus pendant plusieurs heures près du village macédonien de Tanusevci. Et quelque 450 personnes auraient fui cette localité depuis le 12 février, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

George Robertson a indiqué que l'OTAN étudiait la possibilité d'accorder une assistance complémentaire à Skopje pour protéger sa frontière avec le Kosovo et le sud de la Serbie. A Belgrade, les autorités s'estiment pour l'instant satisfaites que la communauté internationale prenne conscience du danger représenté par la multiplication de clones de l'UÇK en dehors du Kosovo.