«Le lanceur de satellites Simorgh a envoyé trois appareils de recherche dans l’espace», a annoncé Ahmad Hosseini, porte-parole de l’unité spatiale du ministère iranien de la Défense cité par la télévision d’Etat. La télévision a montré brièvement les images du tir d’une fusée depuis un endroit désertique, se félicitant «d’un autre accomplissement des scientifiques iraniens».

«Les objectifs de recherche prévus pour ce lancement ont été atteints», a ajouté Ahmad Hosseini sans donner plus de précisions. «Il s’agissait d’un lancement préliminaire et nous aurons des lancements opérationnels dans un proche avenir», a-t-il promis. Les réactions occidentales ont été rapides: les Etats-Unis se disent inquiets de cette nouvelle annonce de la part de l’Iran, mais ont souligné leur attachement aux négociations visant à sauver l’accord sur le nucléaire iranien.

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«Les Etats-Unis restent préoccupés par le développement iranien de lanceurs spatiaux, qui pose un risque de prolifération», a dit une porte-parole du département d’Etat, qui a toutefois réaffirmé que Washington «souhaite un retour mutuel au respect total de l’accord» de 2015 visant à empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.

Pourparlers à Vienne

L’annonce de l’Iran de l’envoi dans l’espace d’une fusée transportant trois appareils de recherche spatiale intervient pendant les pourparlers à Vienne sur son programme nucléaire. L’engin spatial «comprend des technologies qui sont presque identiques et interchangeables avec celles utilisées dans les missiles balistiques, notamment ceux de longue portée», a noté la porte-parole américaine.

Elle a ajouté que ce lancement représentait une violation de la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU qui entérine l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien (dont l’acronyme en anglais est JCPOA) et enjoint Téhéran à «ne mener aucune activité liée aux missiles balistiques conçus pour pouvoir emporter des charges nucléaires».

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A Vienne, l’enjeu vise à faire revenir dans le pacte Washington, qui l’a quitté en 2018, et de ramener Téhéran au respect de ses engagements, rompus en réaction au rétablissement des sanctions américaines. Les Etats-Unis participent de manière indirecte aux négociations. Les Occidentaux soupçonnent l’Iran de chercher à développer, en utilisant la technologie de ses lanceurs de satellites, des lanceurs balistiques à longue portée capables d’emporter des charges conventionnelles ou nucléaires.