Le FBI est sur les dents. Après la prise d'assaut du Capitole, des militants trumpistes planifieraient des attaques similaires contre les capitoles des 50 Etats, dès samedi. Et appellent à une insurrection armée à Washington la semaine prochaine, avant le 20 janvier, jour de l'investiture de Joe Biden. C'est ce que révèle ABC, qui a eu accès à un bulletin interne de la police fédérale. Ces informations tombent alors que Donald Trump et Mike Pence ont fini par se rencontrer, lundi, dans le Bureau ovale, et que le ministre par intérim de la Sécurité intérieure, Chad Wolf, a donné sa démission. Selon un responsable de la Maison-Blanche, Donald Trump n'envisagerait lui-même pas cette option. Quant à Mike Pence, il aurait assuré au président sortant qu'il ne chercherait pas à le démettre de ses fonctions. 

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«Un énorme soulèvement»

Selon ABC, un groupe extrémiste appelle également à prendre d'assaut des tribunaux et des bâtiments administratifs si Donald Trump est démis de ses fonctions. Des menaces pèsent sur Joe Biden et la future vice-présidente Kamala Harris, ainsi que sur la speaker démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. Leur sécurité a été renforcée. «Le FBI a reçu des informations concernant un groupe armé identifié qui a l'intention de se rendre à Washington DC dès le 16 janvier. Des individus ont averti que si le Congrès tente de démettre POTUS (pour président des Etats-Unis, ndlr) de ses fonctions via le 25ème amendement, un énorme soulèvement aura lieu», précise notamment le document.

Dès le lendemain de l'attaque du Capitole déjà, des appels à manifester contre l'élection «truquée» de Joe Biden, pour défendre Donald Trump et «sauver l'Amérique», se sont répandus sur les réseaux sociaux. Ils gagnent en intensité depuis que les démocrates du Congrès font pression sur le vice-président Mike Pence pour qu'il invoque le 25ème amendement. S'il ne bouge pas - l'option apparemment privilégiée -, la mise en accusation du président sera officiellement votée dès mercredi à la Chambre des représentants. La suite, le procès en destitution à proprement parler, sera plus compliquée: c'est le Sénat qui l'instruit et il faudrait que deux tiers des sénateurs y soient favorables pour que Donald Trump soit éjecté de la Maison-Blanche. 

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L'insurrection dans le Michigan

En octobre, le FBI avait déjà annoncé être parvenu à déjouer une tentative de kidnapping contre Gretchen Whitmer, la gouverneure démocrate du Michigan. En tout treize personnes, infiltrées par le FBI, ont été arrêtées et inculpées. Certains individus se disaient prêts à «assassiner des tyrans» et instaurer un climat de «guerre civile» en attaquant le capitole de l'Etat. Quelques mois plus tôt, en mai, des hommes armés avaient déjà fait irruption dans le bâtiment, en pleine session parlementaire, pour protester contre les restrictions imposées par la gouverneure à cause de l'épidémie due au coronavirus. 

Les craintes de voir de tels événements se reproduire avaient alors déjà émergé. Donald Trump a jeté de l'huile sur le feu, en encourageant les manifestants anti-Covid, sans condamner les actions violentes. Plus tard, dans un contexte d'émeutes raciales déclenchées par la mort de l'Afro-américain George Floyd, il a été jusqu'à dire aux Proud Boys, groupe extrémiste patriote convaincu de la supériorité de la race blanche, de se «tenir prêts». Des Proud Boys présents ces derniers jours à Washington, y compris le jour de l'attaque du Capitole. «Quand nos dirigeants parlent, leurs paroles comptent. Ils ont du poids. Lorsque nos dirigeants rencontrent, encouragent ou fraternisent avec des terroristes, ils légitiment leurs actions et ils sont complices», avait alors déclaré Gretchen Whitmer. 

15 000 soldats à Washington

A Washington, 15 000 soldats de la Garde nationale seront déployés en prévision du jour de l'assermentation de Joe Biden, a précisé le Pentagone. Ils seront déjà 10 000 ce week-end, alors que le Capitole est barricadé, entouré de grillages. La maire de Washington, Muriel Bowser, a appelé les Américains à ne pas se déplacer vers la capitale dans ce contexte, alors que les investitures de nouveaux présidents attirent généralement des centaines de milliers d'Américains.

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Déjà entachée par le contexte particulier de la pandémie, la cérémonie sera de surcroit ternie par les menaces sécuritaires. Mais tant Barack Obama que George W. Bush et Bill Clinton ont confirmé qu'ils seront présents. Les anciens présidents accompagneront Joe Biden au cimetière national d'Arlington après la cérémonie.