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Le ministre italien de l'intérieur, Matteo Salvini.
© ANDREA LEONI

Polémique

Après l’effondrement du viaduc de Gênes, l'Italie cherche un coupable 

L’Italie cherche le responsable de l'écroulement d’un pont à Gênes ayant entraîné la mort d’une quarantaine de personnes. Le gouvernement antisystème et populiste le trouve dans l’un des gestionnaires des autoroutes transalpines

Les sauveteurs ont poursuivi dans la nuit de mercredi 15 à jeudi 16 août leurs recherches pour tenter de trouver encore des survivants dans les décombres. «Il reste évidemment l'espoir pour les secouristes de retrouver quelques survivants, mais plus le temps passe, plus c'est difficile», a déclaré à l'AFP Riccardo Sciuto, commandant des carabiniers de la province de Gênes.

Le responsable de l’effondrement d’un viaduc près de Gênes mardi est tout trouvé. Du moins pour le gouvernement italien. Autostrade per l’Italia risque de perdre sa concession pour la gestion de près de 3000 kilomètres d’autoroutes et pourrait se voir infliger une amende pouvant se monter à 150 millions d’euros. Les ministres du Travail, Luigi Di Maio, et des Transports, Danilo Toninelli, ont annoncé mercredi l’ouverture d’une procédure contre la société.

Les deux hommes appartiennent au Mouvement 5 étoiles (M5S), actionnaire avec la Ligue, à l’extrême droite, d’un exécutif né il y a bientôt trois mois. Le premier en est même le leader et remplit aussi le rôle de vice-président du conseil. Présents à Gênes mercredi, ils ont réclamé la démission des dirigeants du gestionnaire autoroutier. «S’ils sont incapables de gérer nos autoroutes, l’Etat le fera», a menacé Danilo Toninelli. Les critiques et les déclarations les plus engagées proviennent de leur formation.

Lire aussi: Après le drame de Gênes, Rome annonce un audit des infrastructures du pays

Bilan provisoire d'une quarantaine de morts

Le procureur de Gênes a ouvert une enquête pour homicide multiple. Il ne s’agit pas d’une «fatalité, mais d’une erreur humaine», a déjà déclaré Francesco Cozzi. Mercredi, au lendemain du drame, le bilan de la préfecture de la cité maritime s’était arrêté en fin de journée à 39 morts. Une dizaine de blessés se trouvaient par ailleurs encore dans une situation critique.

«Il n’est pas possible de mourir ainsi en 2018», avait réagi mardi Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur et chef de la Lega, «énervé» et à la recherche des coupables. Il leur fera «payer cher» la catastrophe. Même si le tonitruant vice-premier ministre est ces jours moins bruyant que ses alliés étoilés, il partage leur hargne contre Autostrade per l’Italia. Il repousse aussi les excuses de la société, dont l’un des dirigeants affirmait après le drame qu’il n’y avait «absolument aucun élément [permettant] de considérer ce pont comme dangereux».

Lire également: Catastrophe de Gênes: «Il y a eu une accumulation de causes»

«Un conte de fées»

Or, comme l’ont rappelé ces jours et ces dernières années architectes et ingénieurs, il l’était. Autostrade per l’Italia le savait vraisemblablement aussi: il détaille sur son site internet le projet Gronda di Genova, toujours en ligne. Il prévoyait la construction de 72 kilomètres de nouveaux tracés autoroutiers autour de la capitale ligure, avec la «réalisation de 13 nouveaux viaducs et l’extension de 11 viaducs existants». «Lorsque dans dix ans, le pont Morandi s’écroulera, nous nous souviendrons de ceux qui ont dit non», affirmait Giovanni Calvini, le président des industriels génois, dans une interview au quotidien génois Il Secolo XIX daté du 4 décembre 2012.

Parmi les opposants se trouvait le M5S. En avril 2013, il relayait le communiqué du comité «No Gronda» d’opposition au projet. Il était alors tout juste entré pour la première fois au parlement. «Un conte de fées nous est raconté sur l’effondrement imminent du pont Morandi», peut-on toujours lire sur une page archivée du site du M5S. Les opposants citaient aussi un rapport daté de 2009 affirmant que le viaduc «pourrait tenir encore une autre centaine d’années».

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Italie: le gouvernement déclare l'état d'urgence pour 12 mois à Gênes

Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a annoncé mercredi devant la presse l'instauration d'un «état d'urgence pour 12 mois» à Gênes, où un viaduc s'est effondré mardi provoquant la mort d'au moins 39 personnes. «Nous avons entendu la requête du président de la région et décrété l'état d'urgence pour 12 mois», a-t-il déclaré, à l'issue d'une réunion extraordinaire à Gênes du conseil des ministres.

«Nous avons débloqué, pour la mise en place des premières interventions, 5 millions d'euros du fonds d'urgence nationale», a-t-il stipulé. «C'est une première mesure du gouvernement face à cette tragédie.» «Nous proclamerons aussi une journée de deuil national, nous sommes en train de déterminer le jour pour le faire coïncider avec les funérailles des victimes», a-t-il encore annoncé.


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