Proche-Orient

Après les purges, l'armée turque manque de pilotes de chasse

Ankara s'est privée des moyens nécessaires à une lutte efficace contre les Kurdes du PKK

Affaiblie par les purges mises en œuvre après le coup d'Etat manqué du 15  juillet 2016, l'armée turque est en quête de pilotes de chasse. C'est une pénurie plutôt malvenue, alors que le président Recep Tayyip Erdogan promet régulièrement de nouvelles opérations punitives pour déloger les Kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) de Syrie et d'Irak.

Avide de reprendre ses raids sur la redoute militaire du PKK à Qandyl, dans le nord de l'Irak, la Turquie a plus que jamais besoin de pilotes. Comme son armée est majoritairement équipée d'avions de combat F-16, produits par la firme américaine Lockheed Martin, Ankara a sollicité l'aide de l'allié américain au sein de l'OTAN – avec qui les relations sont pourtant au plus bas ces derniers temps – pour la formation de ses nouveaux pilotes.

Selon le quotidien Hürriyet du 30 août, le gouvernement voulait que les nouvelles recrues soient formées en Turquie, ce que le Pentagone a refusé, les formations ayant toujours eu lieu aux Etats-Unis. Les autorités se sont alors tournées vers le Pakistan pour l'envoi d'instructeurs. Nouvelle objection de Washington, qui a rappelé à Ankara que l'implication d'un pays tiers dans l'entraînement sur du matériel militaire américain ne pouvait se faire sans son accord.

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L'armée de l'air a donc décidé de rappeler une centaine d'anciens pilotes de F-16 qui avaient quitté l'uniforme et s'étaient depuis reconvertis dans l'aviation civile. Il est même question de réintégrer quelques-unes des victimes des purges.

L'armée de l'air a particulièrement souffert des mises au ban. Un quart des généraux renvoyés étaient issus de ses rangs, et affichaient par ailleurs d'excellents états de service dans la lutte contre les rebelles armés du PKK et contre l'organisation Etat islamique (EI) en Syrie.

Les conjurés – décrits comme des disciples de la communauté religieuse de l'imam Fethullah Gülen, un ancien allié de M. Erdogan devenu sa bête noire et exilé aux Etats-Unis – avaient d'ailleurs établi leur poste de commandement à la base d'Akincilar, non loin d'Ankara. C'est de là que sont partis les 25 F-16 qui ont bombardé le Parlement et d'autres bâtiments de la capitale turque dans la nuit du 15 au 16  juillet 2016.

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