»La vague a tout recouvert. Elle devait faire six mètres de haut. Elle a emporté les maisons, un garage et les restaurants», a raconté l’AFP Carlos Palma, qui a pu se mettre hors d’atteinte. Et qui sillonnait dimanche le rivage de Penco pour essayer de retrouver des effets personnels.

La vague géante, qui a suivi le séisme de magnitude 8,8, s’est abattue sur une grande partie du front de mer de cette station balnéaire de près de 50.000 habitants, emportant des maisons, du mobilier et laissant derrière elle une vache, qui a ensuite été mangée par les habitants sinistrés.

Dans le centre, une station-service, des restaurants et des maisons, ou encore les rails du chemin de fer, étaient recouverts dimanche d’algues, vestige du tsunami, a constaté l’AFP.

Penco se trouve à une dizaine de kilomètres de Concepcion, dans la zone la plus touchée par le séisme qui a coûté la vie à 708 personnes, selon le dernier bilan communiqué dimanche par la présidente Michelle Bachelet.

La grande majorité des victimes, 541, a été recensée dans cette région touristique, à 400-500 kilomètres au sud de Santiago.

Quasiment toutes les demi-heures, Penco est secouée par une nouvelle réplique et la peur est toujours palpable.

»Nous craignons que la mer ne revienne», témoigne Margarita Castro, qui a passé la nuit avec ses parents, ses frères et des dizaines de voisins sous une tente au bord de la route qui relie Santiago à Concepcion, coupée en plusieurs points. La majeure partie des habitants de Penco ont fait de même.

Sur le trajet, certains s’arrêtent pour saluer les campeurs de fortune et donner des nouvelles des villages éloignés. On échange des informations.

»Dichato (une station balnéaire) a pratiquement disparu. Les bateaux sont perchés sur le toit des maisons», déclare une femme, dont le fils vient d’arriver de cette localité située un peu plus au nord, à 40 kilomètres de Concepcion, où des voitures jonchaient les rues.

A Talcahuano, autre station du littoral du Pacifique, à une dizaine de kilomètres de l’autre côté de la baie, de petits bateaux de pêche étaient couchés dans les jardins des maisons, dans les rues, dans des buissons, balayés par la vague parfois sur des centaines de mètres.

A l’écart de la ville, loin de la moindre route, des voitures gisaient en plein champ, dans des mares laissées par l’eau de mer.

Les pieds dans les décombres, le directeur d’un petit cirque ambulant de Talcahuano disait à la chaîne de télévision TVN que les gens «ont eu le temps de courir vers les collines». Mais il déplorait la perte de presque tous ses animaux.

Le gouvernement chilien a reconnu dimanche que le risque de tsunami après le séisme de samedi avait été initialement mal évalué. «Une section de la Marine a commis une erreur hier en n’annonçant pas le raz-de-marée», a déclaré le ministre de la Défense, Francisco Vidal.

L’évaluation correcte a finalement été faite et le système d’alerte activé, «ce qui a aidé à sauver des centaines sinon des milliers de personnes», a affirmé le ministre. «Les populations ont pu être alertées et se diriger vers les collines» proches des côtes, a-t-il dit.

De ces collines, des habitants sont prudemment redescendus dimanche pour évaluer les dégâts.