Corée du Nord

Après un essai nucléaire de Pyongyang, Trump réagit: «L'apaisement ne fonctionnera pas»

Le régime de Kim Yong-un a procédé dimanche à son sixième test nucléaire depuis 2006. Le monde réagit, mais la réaction du président américain sur Twitter laisse craindre une nouvelle escalade des tensions

L’agence sud-coréenne Yonhap l’a d’emblée annoncé à la télévision: le séisme provoqué sur le coup de midi (heure locale) par ce qui est très probablement un nouveau test nucléaire effectué par La Corée du Nord était «9,8 fois plus puissant » que le cinquième test que Pyongyang avait réalisé en septembre 2016. Selon le patron de l’Administration météorologique sud-coréenne, Lee Mi-Sun, l’explosion «était de cinq à six fois plus puissante que lors du cinquième essai nucléaire ». La secousse a été mesurée à 6,3 sur l’échelle de Richter à proximité du principal site de tests atomiques du régime nord-coréen, Punggye-ri. Elle a été ressentie jusqu’en Chine. Près de la frontière sino-coréenne, les sirènes ont commencé à retentir dans la ville chinoise de Yanji.

Le patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, n'a pas mâché ses mots pour qualifier l'attitude du pouvoir nord-coréen: «L'essai nucléaire de la République démocratique populaire de Corée est un acte extrêmement regrettable.» Ce sixième essai nucléaire a été effectué «au mépris complet des demandes répétées de la communauté internationale».

Premier test nucléaire sous la présidence Trump

Selon Pyongyang, le régime de Kim Yong-un a testé une bombe à hydrogène et les médias officiels ont qualifié la tentative de «réussite parfaite». Rajoutant à la controverse, il a souligné que l’engin testé peut être monté sur son nouveau missile balistique intercontinental (ICBM). Des doutes subsistent toutefois sur la capacité des ingénieurs nord-coréens d’équiper un missile d’une tête thermonucléaire.

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Ce sixième test atomique est le premier qui se déroule sous la présidence de Donald Trump. Il va certainement contribuer à exacerber des tensions déjà très fortes entre Pyongyang et Washington. Il y a quelques jours, après que la Corée du Nord a tiré un missile au-dessus du Japon, le président américain a lâché que «toutes les options étaient sur la table », laissant entendre qu’une intervention militaire était envisageable. Peu après, le chef du Pentagone Jim Mattis contredisait ouvertement Donald Trump, déclarant que la rhétorique «n’était pas une réponse» au problème nord-coréen et que l’Amérique n’est «jamais à court de solutions diplomatique».

Nombre d’experts outre-Atlantique, mais aussi au Japon et en Corée du Sud ne cachent pas leur inquiétude au sujet d’une opération militaire de Washington. Ils ne craignent pas seulement une arme nucléaire, mais aussi et surtout, en cas de représailles de Pyongyang, une réplique conventionnelle dévastatrice. La Corée du Nord a des armes conventionnelles prêtes à raser une partie de Séoul. Certaines estimations indiquent que la riposte à une attaque américaine pourrait tuer plus d’un million de personnes dans la capitale sud-coréenne. Le Japon ne serait sans doute pas épargné. Or dimanche, Donald Trump n'a pas tardé à réagir sur Twitter: «La Corée du Sud s'aperçoit, comme je le leur ai dit, que leur discours d'apaisement avec la Corée du Nord ne fonctionnera pas, ils ne comprennent qu'une chose !»

Voir le tweetLa réaction de Trump

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Date symbolique

Pyongyang n’a pas choisi la date de ce sixième essai par hasard. Ce dimanche est le week-end de «Labor Day » aux Etats-Unis marquant la rentrée politique aux Etats-Unis. L’an dernier, le cinquième test avait été effectué à l’occasion du 68e anniversaire de la formation du régime communiste par Kim Il-sung, le grand-père de l’actuel dirigeant nord-coréen.

A Séoul, le président sud-coréen Moon Jae-in a tout de suite convoqué une réunion d’urgence du Conseil de sécurité national et l’armée a été mis en alerte. Il a demandé «toutes les mesures diplomatiques, et notamment des sanctions au Conseil de sécurité de l'ONU pour isoler complètement la Corée du Nord», a déclaré le conseiller du président Chung Eui-Yong. Pékin a également réagi, condamnant "vigoureusement" l'essai nucléaire, exhortant son voisin à cesser d'aggraver la situation". De tels «gestes» ne servent pas les intérêts de Pyongyang.

Au Japon, le premier ministre Shinzo Abe a mis en garde: il ne tolérerait pas de septième essai nucléaire. Pyongyang a effectué son premier test atomique en 2006, mais les a multipliés depuis ces deux dernières années.

Le président français Emmanuel Macron a lui aussi fait entendre sa voix dimanche matin. Dans un communiqué, l'Elysée le martèle: «Le président de la République appelle les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à réagir rapidement à cette nouvelle violation par la Corée du Nord du droit international (...). Il souhaite également une réaction unie et claire de l'Union européenne.» Et le communiqué d'ajouter: «La communauté internationale doit traiter cette nouvelle provocation avec la plus grande fermeté, afin d'amener la Corée du Nord à reprendre sans condition la voie du dialogue et à procéder au démantèlement complet, vérifiable et irréversible de ses programmes nucléaires et balistiques.»

Le régime de Kim Yong-un avance que la bombe H qu’il aurait testée a été confectionnée uniquement avec des matériaux nord-coréens et qu’il pourrait produire «autant d’armes nucléaires de forte puissance qu’il le souhaite». Les messages en provenance de Pyongyang restent néanmoins sujet à caution. En janvier 2016, le régime avait déjà annoncé un test de bombe H, mais les secousses enregistrées à ce moment-là n’étaient pas compatibles avec ce qu’une telle bombe provoque.

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