Le chef d’Aqmi, l’Algérien Abdelmalek Droukdel, a aussi exigé de la France qu’elle retire ses troupes d’Afghanistan, dans un enregistrement audio diffusé jeudi soir par la chaîne de télévision du Qatar Al-Jazira, selon le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE. «Toute forme de négociation sur ce sujet à l’avenir sera conduite avec personne d’autre que notre Cheikh Oussama ben Laden […] et selon ses conditions», a déclaré le dirigeant d’Aqmi.

«Si vous voulez que vos citoyens qui sont prisonniers chez nous soient sains et saufs, alors vous devez vous dépêcher et retirer vos soldats d’Afghanistan selon un calendrier précis que vous rendrez public», a ajouté Abdelmalek Droukdel, selon la retranscription de SITE.

Le gouvernement français a indiqué vendredi que cet enregistrement était en cours d’authentification, sans commenter pour le moment le contenu du message. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Bernard Valero, a rappelé «la mobilisation totale» de Paris «pour la libération des otages».

«Les processus habituels de reconnaissance de l’émetteur sont en cours», a ensuite confirmé le porte-parole du ministère de la Défense, Laurent Teisseire, se refusant lui aussi à toute réaction «sur le fond» à ce stade.

Les cinq Français séquestrés ont été enlevés dans la nuit du 15 au 16 septembre sur le site d’une mine d’uranium du groupe nucléaire français Areva à Arlit, dans le nord du Niger, en même temps qu’un Malgache et un Togolais. Selon des sources maliennes et françaises, les otages sont détenus dans des collines désertiques du Timétrine, dans le nord-est du Mali, frontalier de l’Algérie.

Le président français Nicolas Sarkozy s’était dit mardi «spécialement inquiet» pour les otages détenus. «Mais nous ne changerons pas d’un iota notre politique sous prétexte que nous sommes menacés», avait-il martelé, demandant aux Français de ne pas se rendre dans la bande sahélienne où opère Aqmi.

Oussama ben Laden avait averti fin octobre que la France ne connaîtrait pas la sécurité tant qu’elle ne retirerait pas ses troupes d’Afghanistan et ne mettrait pas un terme à «ses injustices» à l’égard des musulmans, comme l’interdiction du port du voile islamique intégral.

Un retrait graduel des forces internationales déployées en Afghanistan, où la France compte actuellement environ 3800 soldats, est au menu d’un sommet de l’OTAN qui s’ouvre vendredi à Lisbonne.

Ce message audio de Ben Laden avait été interprété par les experts comme un «blanc-seing» donné à Aqmi dont les responsables ont fait allégeance à Al-Qaida début 2007 et qui a revendiqué le 21 septembre l’enlèvement des Français.

Aqmi, qui a multiplié les enlèvements d’Occidentaux ces dernières années, avait annoncé en juillet l’exécution d’un otage français, l’humanitaire Michel Germaneau, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Le nouveau ministre français de la Défense, Alain Juppé, avait indiqué mercredi qu’il y avait «toutes les raisons de penser» que les otages français étaient tous vivants, assurant qu’il existait des «contacts» avec les ravisseurs.