Muricio Macri, le candidat de droite, est arrivé au coude-à-coude avec le péroniste Daniel Scioli, au premier tour de l’élection présidentielle argentine, dimanche. Avec 34,5% des voix, Muricio Macri talonne Daniel Scioli, le favori des sondages, qui a remporté 36,6% des suffrages. Un demi-million de voix les sépare. Un second tour aura lieu le 22 novembre.

«Nous allons construire l’Argentine dont nous rêvons», a scandé Muricio Macri, ancien maire anti-péroniste de Buenos Aires, tout au long de sa campagne. Lors de l’élection de gouverneur dans la province de Buenos Aires, fief historique du péronisme, la jeune candidate de droite, Maria Eugenia Vidal, l’a emporté sur le péroniste Anibal Fernandez, ancien chef de cabinet de la présidente sortante, Cristina Kirchner. Maria Eugenia Vidal, qui sillonnait depuis des mois la plus importante province du pays, est une des révélations de ce scrutin.

Anibal Fernandez a été montré du doigt comme «le père de la défaite» dans le bunker de Daniel Scioli, où les militants ne pouvaient contenir leurs larmes. A la veille de l’élection, Anibal Fernandez avait été accusé par l’opposition et par la presse de liens avec le narcotrafic, ce qu’il avait démenti. Muricio Macri a également remporté une victoire emblématique dans la province pauvre de Jujuy (nord), bastion péroniste, où son allié radical, Gerardo Morales, a été élu gouverneur, face au kirchnériste Eduardo Fellner.

Ce scrutin est un immense revers pour Cristina Kirchner, qui entendait conserver son emprise sur le pays en désignant Daniel Scioli comme son dauphin, malgré une méfiance réciproque, et qui avait parié sur Anibal Fernandez, un de ses plus farouches partisans. Autre souci pour la présidente: le bon score du péroniste dissident Sergio Massa, qui est arrivé en troisième position (21,14% des voix). Il s’est imposé comme le représentant d’une nouvelle force politique et pèsera sur le second tour de la présidentielle.

«Honte nationale»

Dimanche, une page de l’histoire argentine a été tournée, quel que soit le vainqueur le 22 novembre, après douze ans des Kirchner au pouvoir, Nestor (2003-2007), puis son épouse, Cristina (2007-2015). La présidente ne s’est pas montrée dimanche soir. Le gouvernement a repoussé pendant plus de six heures l’annonce des résultats officiels. «Honte nationale», disaient les réseaux sociaux.

Daniel Scioli a tenu un discours ambigu, se présentant comme le candidat de la «continuité», tout en promettant «des changements».

Avant l’annonce des résultats, Daniel Scioli, gouverneur de la province de Buenos Aires, était apparu, optimiste, avec un discours défendant le «modèle» actuel, flanqué du candidat à la vice-présidence, Carlos Zannini, homme de confiance des Kirchner depuis trente ans. Pendant toute sa campagne, Daniel Scioli a tenu un discours ambigu, se présentant comme le candidat de la «continuité», tout en promettant «des changements». Cherchant à concilier l’héritage controversé des Kirchner et ses aspirations à gouverner «à sa manière», il n’a pas réussi à s’imposer comme une figure forte, capable de rassembler les péronistes, divisés sur les Kirchner.