Reportée à plusieurs reprises en raison des problèmes internes de l'Autorité palestinienne (AP), la quatrième rencontre officielle entre le premier ministre israélien Ariel Sharon et son homologue palestinien Mahmoud Abbas s'est, semble-t-il, déroulée dans une atmosphère «positive». Quelques jours avant le voyage qu'ils effectueront indépendamment l'un de l'autre à Washington (Abbas rencontrera George Bush le 25 juillet et Sharon le 29), les deux hommes ont, semble-t-il, voulu afficher leur intention de poursuivre l'application de la «feuille de route».

Cette fois, leur discussion a surtout porté sur le nombre et la qualité des prisonniers palestiniens susceptibles d'être libérés par l'Etat hébreu puisque ce problème est considéré comme «primordial» par l'opinion palestinienne. Sous la pression de Washington, Ariel Sharon a finalement accepté de relâcher une soixante de militants du Hamas et du Djihad islamique mais pas de responsables militaires ou de «terroristes ayant du sang sur les mains». A ce premier groupe s'ajouteront plusieurs centaines de mineurs d'âge arrêtés parce qu'ils jetaient des pierres sur les soldats de Tsahal, ainsi que des auteurs d'attentats âgés condamnés il y a plus de vingt ans.

Environ 450 détenus devaient être libérés dans un premier temps. Mais par petits groupes (la commission gouvernementale spéciale créée pour désigner les «libérables» se réunira pour la première fois le 23 juillet) et à la condition qu'ils s'engagent par écrit à ne plus commettre de violence. En revanche, le premier ministre israélien a refusé de lever le siège de la Muqataa, le quartier général de Yasser Arafat à Ramallah. Ce dernier, qui y vit en reclus depuis plus d'un an, ne pourra donc pas circuler librement comme le demandait Mahmoud Abbas.

Depuis l'entrée en vigueur de la houdna (trêve), la violence a nettement diminué dans les territoires et le nombre d'alertes «chaudes» à l'attentat-suicide est passé de soixante par jour à une quinzaine. Ariel Sharon continue cependant d'exiger le «démantèlement des organisations terroristes par la force» par l'Autorité ainsi que «l'arrêt des attaques anti-israéliennes dans ses médias».

Ces dernières semaines, la radio Voix de la Palestine a en tout cas diminué ses incitations à la violence et les services de sécurité palestiniens de la bande de Gaza ont arrêté un certain nombre de combattants autonomes, dont les armes ont par ailleurs été saisies. Mais Israël estime qu'Abbas n'en fait pas assez en la matière, ce qui fera l'objet d'un arbitrage à la fin du mois à Washington.