«Edouard Balladur est innocent.» Mercredi après-midi, lors de sa longue plaidoirie destinée à dédouaner de tout soupçon de financement occulte l’ancien premier ministre et présidentiable français de 91 ans, son avocat, Me François Martineau, a purement et simplement balayé les accusations prononcées la semaine précédente, devant la Cour de justice de la République, par le procureur François Molins.

Ce magistrat familier des Français, visage de la justice lors des attentats islamistes de 2015, avait pilonné dans son réquisitoire les réponses apportées par l’ancien chef du gouvernement sur le financement de sa campagne présidentielle de 1995, soldée par un échec au premier tour avec 18,5% des voix. «S’il y a quelque chose qui saute aux yeux, c’est qu’il y a forcément des menteurs», avait-il asséné, jugeant «crédible» le dossier instruit par le juge Renaud Van Ruymbeke (aujourd’hui à la retraite) et dénonçant «l’attitude des prévenus» et leurs «stratégies de déni et d’évitement» ponctuées de «digressions politico-diplomatiques».