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Pas de restriction d’accès aux armes pour les personnes souffrant de troubles psychiques aux Etats-Unis.
© Jim Urquhart

Etats-Unis

Des armes pour les personnes souffrant de troubles mentaux

Le Congrès américain vient d’abroger un règlement de l’administration Obama qui voulait restreindre l’accès au port d’armes

Aux Etats-Unis, souffrir de troubles mentaux et avoir le droit de posséder une arme n’est pas incompatible. Pire, Barack Obama s’était emparé du problème à travers une réglementation spécifique et le Congrès vient de revenir à la case départ en décidant de l’invalider.

Barack Obama avait décidé d’étendre les restrictions pour le port d’armes après plusieurs faits divers tragiques, dont un massacre, en décembre 2012, dans l’école Sandy Hook de Newtown (Connectitut). Un homme de 20 ans avait tué 26 enfants et professeurs, ainsi que sa propre mère, avant de retourner l’arme contre lui. Il souffrait de plusieurs troubles psychologiques, dont le syndrome d’Asperger, et de troubles obsessionnels compulsifs. C’est cette limitation-là, entrée en vigueur uniquement en décembre dernier, qui est levée par le Congrès américain, le Sénat ayant, mercredi, suivi la Chambre des représentants pour demander une révision de la réglementation. La balle est désormais dans le camp de Donald Trump.

Des noms transmis au FBI

Concrètement, le règlement instauré sous Barack Obama exige des services de sécurité sociale qu’ils divulguent au FBI les noms de personnes bénéficiant de prestations d’invalidité causées par une maladie mentale grave, afin de les empêcher de pouvoir acheter, s’ils le désiraient, une arme. Ces noms sont inscrits dans le fichier central d’interdiction de possession d’armes, que les armuriers doivent consulter quand des clients se présentent à eux.

Selon le New York Times, 75 000 personnes sont concernées. Une entrave aux libertés fondamentales et au deuxième amendement qui garantit à tout citoyen américain le droit de posséder et de porter une arme? Pour la majorité des Américains, visiblement oui.

Sans surprise, la National Rifle Association et ses quatre millions d’adhérents applaudissent. Mais, plus surprenant, même la puissante American Civil Liberties Union (ACLU), qui s’est récemment distinguée en combattant avec vigueur le décret anti-immigration de Donald Trump devant la justice, est d’avis que la restriction va trop loin. «Nous nous opposons à cette loi, parce qu’elle avance et renforce le stéréotype nuisible que les gens avec des troubles mentaux – un groupe très vaste et hétérogène de citoyens – sont violents», a-t-elle écrit dans une lettre adressée aux membres du Congrès. Au final, la Chambre des représentants a voté l’abrogation du texte par 280 voix contre 135, et le Sénat, par 57 voix contre 43.

300 millions d’armes circulent

Pour le sénateur républicain Charles Grassley (Iowa), la réglementation Obama non seulement stigmatise les personnes psychologiquement atteintes, mais mentionne des «caractéristiques trop vagues». A ses dires, des personnes souffrant de troubles du sommeil ou de l’alimentation pourraient aussi se retrouver fichées et donc interdites de posséder une arme. Le démocrate Chris Murphy, sénateur du Connecticut, s’est en vain érigé contre cette décision mercredi: «Si on vous estime incapable de gérer vos affaires financières, comment peut-on attendre de vous que vous soyez responsable pour la possession d’une arme, dangereuse et mortelle?».

Une loi édictée en 1968 prévoit déjà de priver d’accès aux armes les personnes reconnues comme mentalement déficientes par une autorité ou celles placées en institution psychiatrique. Mais dans les faits, les armuriers, s’il n’y a pas de décision de justice, n’ont pas connaissance des dossiers médicaux. Barack Obama voulait précisément y remédier en fichant certaines personnes.

Ce revirement intervient alors que le niveau d’homicides bat de nouveaux records aux Etats-Unis. Selon les derniers chiffres du National Center for Injury Prevention and Control, qui concernent 2014, 10 945 homicides par armes à feux ont eu lieu cette année-là. Le nombre des morts par balles triple si l’on ajoute les suicides et les accidents. Plus de 300 millions d’armes circuleraient dans le pays.

Mais malgré les tueries de masse et les meurtres violents, les Américains restent très attachés au droit de posséder une arme. Il suffit de se rappeler les propos de Betsy DeVos, désormais ministre de l’Education, lors de son audition au Sénat. Elle défendait la possession d’armes dans les écoles en assurant qu’elles pourraient être utiles, «par exemple pour se protéger de grizzlis potentiels».

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