Comment la plus grosse polémique de l’été (les rodéos urbains, ces virées pétaradantes et très risquées) a pu devenir le sujet magnifié du film hype de la rentrée (Rodéo de Lola Quivoron)? Les motocross en roue libre et les révoltes urbaines sont d’ailleurs au cœur de deux autres événements culturels ces jours. Deux secondes d’air qui brûle, le premier roman de Diaty Diallo. Et surtout Athena, le film de Romain Gavras et Ladj Ly, qui sort ce 23 septembre sur Netflix. Cette «tragédie» décrit la réaction d’une fratrie dont le benjamin a été victime de ce qui s’apparente à des violences policières. Elle le fait à travers une sorte d’émeute suprême provoquée dans une cité imaginaire. Le tout passe par une série de plans-séquences stroboscopiques qui transforment ces violences en guerre épique. Les remparts, les chevaux, les murs de boucliers, tout est fait pour nous projeter dans les grands films de batailles médiévales. Le résultat est extrêmement puissant, esthétiquement majestueux. Une innovation radicale dans la représentation des tensions françaises qui ne manquera pas de faire débat. Ici, les émeutiers sont les soldats chauffés à blanc d’une armée menée par un leader héroïque.