Athènes doute du bien-fondé de son référendum

Trois économistes grecs invitent, dans un courrier, le premier ministre grec «à reprendre les négociations [avec les créanciers, ndlr] et à réexaminer le référendum» prévu le 5 juillet. Le pedigree des rédacteurs oblige à une lecture particulière de la missive à Alexis Tsipras. Kostas Vergopoulos, Kostas Melas et Savas Robolis sont des économistes de renommée internationale, proches de Syriza, la formation de gauche radicale au pouvoir. Ils ont la confiance d’Alexis Tsipras. Savas Robolis est même conseiller du vice-premier ministre, Yannis Dragasakis.

«Chantage»

Tout en affirmant leur «confiance» envers le premier ministre et en reconnaissant «le chantage des créanciers», ils demandent de ne pas réaliser le référendum. Ce courrier tombe à point nommé. Les déclarations indiquent une évolution des positions. D’une part, parce que la peur du «Grexit», une sortie de la Grèce de la zone euro, est telle que l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international semblent prêts à de nouvelles concessions. De l’autre, nul ne sait comment sera financée la Grèce à partir d’aujourd’hui, où elle sera de fait en défaut de paiement. Enfin, le scrutin pourrait se solder par un saut vers l’inconnu pour le gouvernement grec et pour les institutions européennes.

«Avant le référendum, nous ne pouvons pas discuter d’une nouvelle demande d’aide», a dit la chancelière allemande Angela Merkel au Bundestag. Aura-t-il lieu? Tout est ouvert: le gouvernement pourrait l’annuler ou appeler à voter oui s’il parvenait à arracher un accord plus favorable à ses créanciers. Près de 20 000 personnes, en majorité hostiles au gouvernement, ont d’ailleurs manifesté mardi soir à Athènes en faveur du non. C’est davantage qu’un rassemblement du camp opposé lundi également dans la capitale grecque.