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L'ambassade américaine en flammes le 11 septembre 2012 à Benghazi 
© ESAM OMRAN AL-FETORI

Libye

Attaque de Benghazi: l’administration Obama a tardé à envoyer des renforts

Un rapport parlementaire dénonce le manque de réactivité des Etats-Unis lors de l’attentat qui avait coûté la vie à quatre Américains en Libye en 2012. Ce rapport ne manquera pas d’être utilisé contre Hillary Clinton, qui était alors secrétaire d’Etat

Les Etats-Unis ont trop tardé pour envoyer des renforts lors de l’attaque terroriste de Benghazi, en Libye, qui, le 11 septembre 2012, a coûté la vie à quatre Américains dont leur ambassadeur, Christopher Stevens. Telle est la principale conclusion du rapport d’une commission d’enquête de la Chambre des représentants, rédigé par la majorité républicaine et publié mardi 28 juin.

Ce document de 800 pages pointe du doigt de multiples erreurs et le manque de cohérence en matière de sécurité de la part de l’administration Obama, qu’il s’agisse du département de la défense, de la CIA ou du département d’Etat, qui était dirigé à l’époque par Hillary Clinton, aujourd’hui candidate démocrate à l’élection présidentielle.

Une enquête extrêmement longue

Même s’il ne manquera pas d’être utilisé par les adversaires d’Hillary Clinton dans les derniers mois de la campagne électorale, ce rapport n’apporte pas de révélations sur son rôle personnel ou d’éventuels manquements à son devoir. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir cherché: cette enquête a pris deux ans, une durée plus longue que celle qui avait été nécessaire dans l’affaire du Watergate ou après les attentats du 11 septembre 2001 et coûté 7 millions de dollars payés par le contribuable américain. Ce que les démocrates n’ont pas manqué de souligner.

La principale révélation de cette commission d’enquête n’a pas de lien direct avec l’attaque de Benghazi: il s’agit de l’utilisation par Hillary  Clinton de son serveur de messagerie privée, pour des échanges professionnels alors qu’elle était secrétaire d’Etat. Une affaire qui fait toujours l’objet d’enquêtes distinctes.

A propos des attaques de Benghazi, le président de la commission, le représentant républicain de Caroline du Sud, Trey Gowdy, a souligné, lors d’une conférence de presse à Washington, qu’aucun renfort «n’était en route vers la Libye au moment où les deux derniers Américains ont été tués, presque huit heures après le début des attaques».

Le rapport dénonce le manque de réactivité des Etats-Unis pour envoyer de l’aide «en raison d’une obsession de ne pas heurter la sensibilité des Libyens», a-t-il ajouté. «Pourquoi l’armée la plus puissante du monde n’a pas été en mesure de répondre [à ces attaques]?», s’interroge le rapport.

«L’administration a raconté une histoire»

Lundi, les démocrates à la Chambre des représentants avaient tenté de désamorcer les critiques en livrant leurs propres conclusions. Tout en soulignant que les mesures de sécurité étaient effectivement insuffisantes, ils ont contesté en revanche l’accusation selon laquelle Hillary Clinton aurait refusé d’allouer des moyens supplémentaires. Par ailleurs, ils estiment que l’armée n’aurait pas pu agir autrement vu les circonstances.

Dans un addendum, deux membres de la commission vont un peu plus loin dans leurs critiques à propos des considérations politiques qui ont pu jouer dans la façon dont l’administration Obama a communiqué sur l’attentat, alors que le président était en pleine campagne pour sa réélection.

«Les responsables du département d’Etat, y compris la secrétaire Clinton, ont appris presque en temps réel que l’attaque de Benghazi était de nature terroriste», affirment les deux parlementaires, Jim Jordan, de l’Ohio et Mike Pompeo, du Kansas. Pourtant, dans un premier temps, l’ambassadrice auprès des Nations unies, Susan Rice (aujourd’hui conseillère spéciale à la sécurité), avait affirmé en public que c’était une protestation spontanée, provoquée par un film islamophobe sur YouTube, qui était à l’origine des attaques.

Au même moment, Hillary Clinton, dans un courriel privé envoyé à sa fille, reconnaissait qu’il s’agissait bien d’un attentat terroriste planifié à l’avance. «A seulement cinquante-six jours de l’élection présidentielle, plutôt que de dire au peuple américain la vérité et prendre le risque de perdre un scrutin, l’administration [Obama] a raconté une histoire en privé et une autre au public», soulignent-ils.

«Passer à autre chose»

Le rapport dénonce enfin le fait que si Christopher Stevens avait été envoyé en Libye, c’était en partie parce que Hillary Clinton envisageait d’effectuer une visite dans le pays en octobre 2012. Alors qu’elle avait défendu bec et ongles l’intervention militaire en Libye afin de renverser le régime de Mouammar Kadhafi en 2011, son entourage espérait qu’elle pourrait faire des annonces à cette occasion sur le succès de sa politique. Cela impliquait de transformer la représentation diplomatique à Benghazi en consulat permanent.

Lors de sa conférence de presse, Trey Gowdy a demandé «simplement au peuple américain de lire le rapport, de regarder les preuves que nous avons rassemblées et de parvenir à ses propres conclusions». Pour le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, ce document n’est qu’une tentative supplémentaire des républicains pour tirer «un avantage politique à partir d’une terrible tragédie».

Hillary Clinton a, elle aussi, donné ses propres conclusions en soulignant que le document n’apportait rien de nouveau sur sa responsabilité et a rejoint la position de Trey Gowdy au moins sur un point: «Je vais laisser à d’autres l’interprétation de ce rapport», a déclaré mardi la candidate démocrate, alors qu’elle faisait campagne à Denver, dans le Colorado. Avant toutefois d’ajouter: «Je pense qu’il est temps de passer à autre chose.»

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