Syrie

Attaque chimique: Donald Trump répond par la force en tirant sur une base syrienne

Faute de solution trouvée à l’ONU, les Etats-Unis ont tiré 59 missiles contre une base aérienne en Syrie dans la nuit de jeudi à vendredi. Donald Trump a appelé «toutes les nations civilisées» à œuvrer pour faire cesser le bain de sang en Syrie

C’est un revirement spectaculaire. Les Etats-Unis, qui accusent Damas d’une attaque chimique ayant fait 86 morts mardi, ont tiré vendredi 59 missiles de type Tomahawk contre une base aérienne syrienne. Les frappes ont eu lieu après l’échec d’une résolution condamnant le régime syrien à l’ONU.

«Ce soir, j’ai ordonné une frappe militaire ciblée sur une base aérienne en Syrie, d’où a été menée l’attaque chimique» de mardi, a déclaré le président américain de sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, au cours d’une brève allocution télévisée. «Il est incontestable que la Syrie a utilisé des armes chimiques interdites, a violé ses obligations en vertu de la convention sur les armes chimiques et ignoré les appels du Conseil de sécurité de l’ONU», a-t-il ajouté.

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«Il est dans l’intérêt vital pour la sécurité nationale des Etats-Unis de prévenir et dissuader la propagation et l’usage d’armes chimiques mortelles», a-t-il déclaré, soulignant que «des années de tentatives de faire changer (le président syrien Bachar el-Assad) ont échoué dramatiquement».

Quatre soldats syriens tués

Les missiles, tirés de destroyers de l’US Navy, qui croisent en Méditerranée, ont touché la base aérienne de Shayrat, selon des responsables américains. Les frappes visaient notamment «des hangars aériens renforcés», des stockages de pétrole, de munitions, des défenses anti-aériennes, des radars. Ils ont atteint leurs cibles à 3h45 (2h45 en Suisse). L’armée américaine a diffusé des images de ses frappes.

La télévision d’Etat syrienne a qualifié d'«agression» le bombardement. Selon une source militaire syrienne, citée par la télévision, la frappe américaine a provoqué des «pertes». Quatre soldats syriens ont été tués par les frappes. Elles ont également «détruit presque totalement» la base aérienne, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Soutien d’Israël et du Congrès américain

Israël a apporté son soutien aux frappes déclenchées par les Etats-Unis. «Israël soutient totalement la décision du président Trump et espère que ce message de détermination face aux agissements ignobles du régime de Bachar el-Assad sera entendu non seulement à Damas, mais aussi à Téhéran, Pyongyang et ailleurs», rapporte le bureau du premier ministre Benyamin Netanyahou dans un communiqué.

De nombreux élus républicains et démocrates du Congrès américain ont également apporté leur soutien à la décision de Donald Trump. Beaucoup, toutefois, ont appelé le président américain à clarifier sa stratégie. «Cette action est appropriée et juste», a déclaré le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan. «Ces frappes tactiques démontrent au régime qu’il ne peut plus compter sur l’inaction américaine quand il commet des atrocités contre le peuple syrien.»

Le chef de file des démocrates du Sénat, Chuck Schumer, a déclaré que «faire payer un prix à Bachar el-Assad lorsqu’il commet de telles atrocités est une bonne chose». «Le gouvernement Trump doit adopter une stratégie et consulter le Congrès avant de l’appliquer», a-t-il ajouté.

La Russie accusée d’avoir manqué à ses responsabilités

Le président américain a appelé toutes les «nations civilisées» à œuvrer pour faire cesser le bain de sang en Syrie et le terrorisme. «Nous espérons que tant que les Etats-Unis seront synonymes de justice, la paix et l’harmonie prévaudront», a-t-il ajouté. Son secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, a renchéri, soulignant que la frappe montre la volonté du président américain d’agir quand des pays «franchissent la ligne».

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Il a accusé la Russie d’avoir manqué à ses responsabilités en Syrie, en soulignant que Moscou a été averti à l’avance de la frappe pour éviter que ses militaires sur place ne soient touchés. Il y a eu de «multiples conversations» avec les Russes jeudi via la ligne spéciale, a affirmé le capitaine Davis. Le porte-parole a indiqué que les militaires américains connaissaient «l’endroit précis» de la base utilisé par les militaires russes. Pour le président russe Vladimir Poutine, les frappes américaines sont une «agression» contre «un Etat souverain».

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