Venezuela

Attaque de drones contre Nicolas Maduro: des députés soupçonnés

L’Assemblée constituante se rassemble mercredi pour évoquer la «suppression de l’immunité parlementaire des députés impliqués» dans «l’attentat» contre Nicolas Maduro

L’Assemblée constituante vénézuélienne entamera mercredi un processus visant à traduire en justice des députés de l’opposition. Elle les accuse d’être impliqués dans l’attaque présumée aux drones contre le président Nicolas Maduro, a annoncé mardi cette assemblée.

Le président de l’Assemblée constituante, dotée de pouvoirs illimités, Diosdado Cabello, a convoqué une session qui aura pour unique ordre du jour la «suppression de l’immunité parlementaire des députés impliqués» dans «l’attentat» contre Nicolas Maduro. Selon les autorités vénézuéliennes, deux drones chargés chacun d’un kilo de C4, un puissant explosif militaire, ont explosé à proximité de la tribune présidentielle lors d’une parade militaire samedi à Caracas, blessant sept soldats.

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Simultanément, Nicolas Maduro a impliqué l’opposant Julio Borges, ancien président du parlement, actuellement en exil, dans l'«attentat». Ce dernier lui a répondu directement sur Twitter. «Ni le pays ni le monde ne croient à ta farce de l’attentat, a-t-il écrit. Nous savons tous que c’est un montage pour nous poursuivre et pour nous condamner, nous qui nous opposons à ta dictature.» Le président vénézuélien a également accusé un député de l’opposition, Juan Requesens, d’être impliqué lors d’une longue allocution diffusée sur la radio et la télévision officielles.

La formation d’opposition à laquelle Juan Requesens appartient, Primero Justicia, a annoncé que ce député et sa sœur avaient été arrêtés mardi par le service vénézuélien du renseignement, le Sebin. «Le député Juan Requesens et sa sœur Rafaela ont été capturés et frappés par 14 hommes du Sebin», a déclaré Primero Justicia sur son compte Twitter.

Le parlement fustige la désinformation du gouvernement

Peu avant les annonces du pouvoir, le parlement vénézuélien, seule institution tenue par l’opposition, a réclamé mardi l’ouverture d’une enquête impartiale sur les explosions des deux drones. Il a appelé à une «enquête sérieuse, objective, impartiale et concluante qui fournirait des informations précises» sur ces faits que le gouvernement socialiste vénézuélien a qualifié d'«attentat» contre son leader.

Le parlement a également dénoncé l’intention du gouvernement d’utiliser cette affaire de drones afin «de renforcer la persécution politique» de l’opposition.

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Commentant les faits survenus samedi, le parlement a déclaré «rejeter les voies, violentes ou non, qui s’écartent des lignes directrices établies dans la Constitution». «Malheureusement, un régime qui utilise la propagande et la désinformation comme méthodes systématiques n’a aucune crédibilité», a estimé le parlement.

Les députés ont confirmé «leur engagement en faveur de solutions politiques, institutionnelles et pacifiques à la crise actuelle». Ils tiennent le gouvernement et la puissante Assemblée constituante pour responsables de la violence au Venezuela.

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