«Quand j'ai entendu qu'il avait survécu, j'étais surpris», raconte au New York Post mercredi Hadi Matar, l'Américain accusé d'avoir poignardé l'auteur Salman Rushdie. Le magazine indique l'avoir contacté en prison.

Alors que Salman Rushdie montait sur la scène d'un amphithéâtre vendredi pour une conférence dans l'Etat de New York, un homme s'est précipité sur l'estrade avant de le poignarder plusieurs fois, notamment au cou et à l'abdomen.

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Le suspect, arrêté immédiatement après l'agression, a plaidé samedi non coupable de tentative de meurtre, et doit comparaître à nouveau vendredi devant un tribunal.

Had Matar, 24 ans, n'a pas dit s'il avait été inspiré par la fatwa lancée par l'ayatollah Khomeiny en 1989 depuis l'Iran, appelant à la mort de l'auteur des Versets sataniques, jugés blasphématoires. «J'ai de l'estime pour l'ayatollah. Je pense que c'est quelqu'un de remarquable. C'est tout ce que je dirais à ce propos», a-t-il assuré au tabloïd new-yorkais, qui écrit que les avocats de Hadi Matar lui ont conseillé de ne pas parler de ce sujet.

Hadi Matar a dit au journal avoir lu «quelques pages» du roman de Salman Rushdie. Le suspect était revenu «changé» et davantage religieux d'un voyage en 2018 au Liban, pays d'origine de sa famille, avait affirmé lundi sa mère au site internet du Daily Mail.

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Des contacts avec les Gardiens de la révolution iraniens niés

L'auteur britannique de 75 ans, poignardé une dizaine de fois et évacué en hélicoptère vers un hôpital, a été brièvement placé sous respirateur avant que son état ne s'améliore. «La voie du rétablissement a commencé», avait souligné son agent dimanche.

«Je n'aime pas cette personne. Je pense pas qu'il soit un homme bien», a lancé le suspect au New York Post à propos de l'intellectuel. «C'est quelqu'un qui a attaqué l'Islam», a-t-il ajouté. En regardant des vidéos de l'auteur sur YouTube, il l'a trouvé «hypocrite»

Il a assuré ne pas être en contact avec les Gardiens de la révolution iraniens et avoir appris la présence de Salman Rushdie à une conférence d'un centre culturel à Chautauqua, dans le nord-ouest de l'Etat de New York, par Twitter.

Originaire de l'Etat du New Jersey, il a raconté au média américain avoir pris le bus jusqu'à la ville de Buffalo, puis un Lyft -concurrent d'Uber et des taxis- pour se rendre à Chautauqua. «Je ne faisais rien de particulier, je me baladais», a-t-il détaillé. «J'étais juste dehors tout le temps.»

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