En attendant les résultats des élections – législatives, régionales et présidentielles – le parti du président Omar el-Béchir (NCP) et les ex-rebelles sudistes du SPLM se sont mis d’accord. Les résultats publiés par la commission électorale (NEC) seront acceptés, a affirmé mardi le vice-président soudanais Ali Osmane Taha, du NCP, à l’issue d’un entretien avec le président du Sud-Soudan, Salva Kiir.

«La rencontre a été positive. Nous sommes tombés d’accord pour accepter les résultats tels qu’ils seront annoncés par la commission électorale. Nous sommes aussi d’accord pour respecter toute décision de justice», a déclaré sur la télévision nationale «Sudan TVM» Ali Osmane Taha. «Nous sommes tombés d’accord pour accélérer la mise en œuvre du processus de paix, concernant en particulier la délimitation des frontières entre le Nord et le Sud», a-t-il ajouté de Juba, la capitale du Sud-Soudan. Interrogé par téléphone, un responsable du SPLM, Joseph Dut Kuoi, a indiqué que son mouvement n’avait «rien à ajouter» aux propos d’Ali Osmane Taha.

Conformément à l’accord de paix global (CPA) ayant mis fin en 2005 à 22 ans de guerre civile, un référendum de sécession doit être organisé en janvier 2011 au Sud-Soudan. Toujours selon les termes du CPA, quelque 16 millions de Soudanais ont été appelés aux urnes la semaine dernière pour les premières élections multipartites depuis 1986 dans le plus vaste pays d’Afrique.

Résultats régionaux très attendus

Le scrutin devrait reconduire au pouvoir le président Omar el-Béchir, poursuivi par la justice internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour, mais la lutte est serrée pour des postes de gouverneur ou de député dans certaines régions du pays.

Et les tensions de s’attiser

Lundi, les ex-rebelles sudistes, qui espèrent conserver le poste de gouverneur de l’Etat du Nil bleu détenu par Malik Aggar, avaient accusé le NCP de vouloir truquer les résultats de cette élection et de renforcer la présence militaire dans cette province située à la lisière du Nord et du Sud.

A l’est, deux partis ont accusé les membres du NCP de fraudes. «Nous avons surpris plusieurs membres du NCP en train de vider des urnes alors qu’ils avaient exclu nos contrôleurs des bureaux de vote», a déploré Abdullah Moussa, du Congrès Beja, à Port-Soudan. D’autres membres de l’opposition ont mis en ligne une vidéo montrant que ces élections sont truquées. Le NCP dément et parle de fausses images.

Selon les observateurs internationaux, dont l’un a été kidnappé et tabassé près de la cité de Wau, au sud, et les Etats-Unis, ces élections n’ont pas été équitables.