Premier dirigeant emporté par le Printemps arabe à comparaître en personne devant les juges, M. Moubarak est jugé depuis août 2011 par un tribunal installé dans une école de police de la périphérie du Caire.

La peine de mort a été requise contre lui, mais il peut faire appel du jugement. Beaucoup attendent un verdict plus clément, voire un acquittement en raison de son âge et du manque de preuves à charge apportées au cours des audiences. Sa défense plaide non coupable.

La télévision d’Etat va vendre les images aux médias étrangers entre 7 et 10’000 dollars, a indiqué le président de la radio et télévision d’Etat, Tharwat al-Mekki, cité par l’agence officielle Mena.

Les premières audiences du procès de Hosni Moubarak, qui avait débuté le 3 août de l’année dernière, avaient été diffusées en direct, suivies par des millions d’Egyptiens captivés. Les images de M. Moubarak allongé sur une civière dans un box grillagé, aux antipodes de celles d’autrefois du dirigeant courtisé sur la scène internationale et redouté à domicile, ont fait le tour du monde. Le président du tribunal, Ahmed Rifaat, avait ensuite ordonné aux caméras de sortir de la salle quand les témoins avaient été appelés à la barre.

Procès sous haute protection

Plusieurs audiences se sont tenues à huis clos pour entendre de hauts responsables égyptiens, comme le maréchal Hussein Tantaoui, qui dirige le conseil militaire aujourd’hui au pouvoir.

Pas moins de 5000 policiers et 2000 militaires seront mobilisés pour assurer la protection du tribunal où le raïs déchu, placé en détention préventive dans un hôpital militaire, doit être transporté en hélicoptère.

M. Moubarak est en détention provisoire dans un hôpital militaire. Sa santé – cancer, dépression, problèmes cardiaques… – fait l’objet depuis sa chute d’informations fragmentaires et souvent contradictoires.

Le quotidien al-Akhbar titrait vendredi sur «le verdict du procès du siècle», tandis que al-Gomhouriya affirmait que les préparatifs s’accéléraient à la prison de Tora, dans la banlieue sud du Caire, où il pourrait purger sa peine.

Un procès historique

M. Moubarak est accusé de corruption et d’implication dans la mort de plus de 800 manifestants, tués en janvier-février 2011 pendant la révolte qui l’a renversé, ce qu’il a démenti.

Son ancien ministre de l’Intérieur, Habib el-Adli, et six ex-hauts responsables de la sécurité sont poursuivis pour les mêmes raisons.

Ses deux fils, Alaa et Gamal, sont eux jugés pour corruption dans le même procès.

Ce verdict doit intervenir en pleine élection pour la désignation du successeur du président déchu, lors d’un scrutin pluraliste qui tranche avec les votes acquis d’avance largement boudés par les électeurs qui lui avaient permis de rester au pouvoir.

Une élection qui verra s’affronter au second tour, les 16 et 17 juin, Mohammed Morsi, candidat des Frères musulmans – un mouvement autrefois illégal même s’il était toléré dans les faits – et le dernier premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq.

Ancien chef de l’armée de l’air égyptienne puis vice-président d’Anouar al-Sadate, M. Moubarak a accédé à la direction du pays après l’assassinat de ce dernier en 1981.