Au moins 50 personnes ont été tuées dimanche dans une triple explosion près d’un sanctuaire chiite au sud de Damas, un attentat revendiqué par l’organisation Etat islamique (EI ou Daech selon l’acronyme arabe) le jour où des pourparlers tentent de trouver une issue au conflit syrien.

En fin de matinée, une voiture piégée a explosé devant un arrêt de bus à proximité de la mosquée de Sayeda Zeinab, un haut lieu du chiisme qui abrite le mausolée de l’une des petites-filles du prophète Mahomet. Deux kamikazes ont ensuite déclenché leurs ceintures d’explosifs au moment où des témoins se rassemblaient sur la scène. Au moins 110 personnes ont été blessées, selon l’agence Sana.
Cette triple explosion a fait d’importants dégâts, creusant un cratère dans la chaussée et calcinant la façade d’un immeuble. De la fumée s’échappait de dizaines de carcasses de voitures et d’un bus tandis que des ambulances évacuaient les blessés.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a évalué le bilan à 58 morts parmi lesquels 20 civils, dont des enfants, ainsi que 25 militants chiites non syriens, sans préciser leur nationalité. L’attentat a été rapidement revendiqué par l’EI dans un communiqué posté sur les réseaux sociaux. «Deux soldats du califat ont mené des opérations suicides dans un repaire d’infidèles dans la zone de Sayeda Zeinab», a indiqué l’organisation djihadiste sunnite.

Les chiites sont régulièrement ciblés par les groupes djihadistes, notamment l’EI, qui considèrent les membres de cette communauté comme des hérétiques. De nombreux pèlerins chiites en provenance d’Iran, d’Irak, du Golfe et du Liban se rendent quotidiennement en pèlerinage au sanctuaire de Sayeda Zeinab. En février 2015, la mosquée avait déjà été la cible d’une attaque suicide qui avait fait 4 morts et 13 blessés.

Cet attentat survient au moment où les ennemis syriens, régime et opposition, sont réunis à Genève où l’ONU veut les faire entrer dans des négociations indirectes pour tenter de mettre un terme à près de cinq ans d’une guerre sanglante. Mais le processus paraît menacé avant même d’avoir commencé, l’opposition ayant jusqu’à présent refusé d’engager le dialogue avec le gouvernement syrien. Elle exige notamment la levée des sièges et l’arrêt des attaques contre les civils.

L’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, s’est toutefois dit «optimiste et déterminé» à avancer dans la voie des négociations. «C’est une occasion historique qui ne doit pas nous échapper», a-t-il déclaré dimanche. Il recevra séparément ce lundi les émissaires du régime de Damas puis les délégués de l’opposition, dans le cadre des efforts pour trouver une issue négociée à la guerre dans ce pays. Staffan de Mistura échangera ce matin avec les représentants du président Bachar el-Assad, qu’il a déjà reçus vendredi. Il recevra ensuite formellement, pour la première fois, à 15 heures, les représentants du Haut Comité des négociations (HCN, opposition).