Iounous-Bek Evkourov, président de la république russe d’Ingouchie, a été grièvement blessé lors d’un attentat qui s’est produit aujourd’hui vers 8h30 locale (6h30 en Suisse). Le président russe Dmitri Medvedev a dénoncé lundi un «acte terroriste» commis par des «bandits».

Le convoi du dirigeant ingouche a été touché par l’explosion d’un engin lors de son passage à Nazran, la principale ville d’Ingouchie. Une bombe d’une puissance de 70 kg équivalent TNT était placée dans une voiture garée au bord de la route, a précisé le Comité d’enquête du Parquet dans un communiqué.

L’Ingouchie, voisine de la Tchétchénie, est touchée par une rébellion aux contours mal définis mais s’inspirant des mouvements indépendantistes et islamistes tchétchènes qui ont lutté contre Moscou au cours de deux guerres pendant les années 1990 et au début des années 2000.

L’état de santé de Iounous-Bek Evkourov reste incertain. «Selon les informations dont on dispose, sa vie n’est pas en danger», ont déclaré ses portes-paroles cités par l’agence russe Interfax, alors qu’il était en train d’être opéré.

Trois gardes du corps ont été tués et au moins trois personnes blessées, ont précisé les agences russes citant les forces de l’ordre locales. Le Comité d’enquête du Parquet de son côté n’a pour l’instant confirmé qu’un seul décès. Le sort d’un frère du président, Ouvaïs, qui faisait partie de sa garde personnelle, reste incertain, certaines sources le donnant pour mort, d’autres blessé.

Les forces de sécurité ont été mises en état d’alerte renforcée, ont ajouté les agences citant une source au sein des forces de l’ordre pour le Caucase du nord.

Iounous-Bek Evkourov, héros de la Russie, s’est distingué en 1999 à la tête d’une unité des parachutistes russes qui est entrée au Kosovo et a alors occupé l’aéroport international, devançant les forces de l’OTAN. En octobre 2008, le président russe Dmitri Medvedev l’a nommé à la tête de l’Ingouchie en remplacement de Mourat Ziazikov, un ancien général du KGB qui dirigeait la république depuis 2002, afin de tenter de mettre fin à la spirale de violences qui y fait rage.

Les violences n’ont cessé depuis de s’accentuer. Le 13 juin, un ancien vice-Premier ministre de la république russe, Bachir Aouchev, a été tué par balle dans la capitale Nazran par des inconnus. Quelques jours auparavant, la vice-présidente de la Cour suprême ingouche, Aza Gazguireïeva, avait été tuée par balles à bord de sa voiture de fonction.