Des familles de victimes, parties civiles dans l’enquête sur l’attentat de Karachi en 2002, demandent que Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac et Dominique de Villepin soient entendus par le juge Renaud Van Ruymbeke, a déclaré jeudi leur avocat, Olivier Morice.

«Nous avons sollicité hier auprès du juge Van Ruymbeke que Jacques Chirac soit entendu en qualité de témoin, de même que Dominique de Villepin», a dit Me Morice lors d’une conférence de presse.

L’ancien ministre de la Défense Charles Millon a révélé lundi devant le juge qu’il y avait eu corruption avec l’existence de rétrocommissions versées jusqu’en 1995 en marge d’un contrat de vente au Pakistan de sous-marins français.

M. Van Ruymbeke est chargé d’une enquête pour faux témoignage et entrave à la justice dans l’affaire de l’attentat de Karachi en 2002. En 1995, M. Million, ministre de la Défense, avait été chargé de mettre fin aux versements de commissions sur certains contrats d’armement. A cette époque, M. de Villepin était secrétaire général de l’Elysée.

«Les parties civiles insistent également sur le fait qu’une audition de Nicolas Sarkozy est possible même s’il est couvert par une immunité présidentielle. Il faut que Nicolas Sarkozy lève toute ambiguïté», a-t-il ajouté.

La justice s’interroge sur l’existence d’éventuelles rétrocommissions liées à la vente de sous-marins au Pakistan qui auraient été destinées au financement de la campagne présidentielle de l’ex-Premier ministre Edouard Balladur et dont le porte-parole était Nicolas Sarkozy. Selon cette hypothèse, l’attentat de Karachi de mai 2002 qui avait coûté la vie à 14 personnes dont 11 Français, pourrait être lié à l’arrêt par Jacques Chirac du versement de commissions promises au Pakistan par le gouvernement Balladur.