Au moins six membres de l’équipe nationale de cricket du Sri Lanka ont été blessés lors d’une attaque terroriste au Pakistan, alors qu’ils s’apprêtaient à jouer un deuxième match contre l’équipe pakistanaise. Six policiers, qui escortaient le bus de l’équipe, ont été tués dans l’attentat, ainsi que deux civils. Il semble que deux ou trois groupes de terroristes aient ouvert le feu à un rond-point à proximité du stade Gaddafi de Lahore.

Les services de sécurité pakistanais ont également désamorcé deux voitures piégées et découvert un stock d’armes, dont des grenades et plusieurs kilos d’explosifs, à proximité du lieu de l’attaque.

Atypique car visant un pays ami de la région, l’attentat n’a pas été revendiqué et les assaillants ont pris la fuite. Séparatistes tamouls, insurgés islamistes, ou même services de renseignement indiens? Toutes les hypothèses circulent et restent encore ouvertes quant aux auteurs et à leurs mobiles, mais selon certains analystes, elle semble avoir eu pour but de jeter le discrédit sur le gouvernement pakistanais.

«C’est une attaque terroriste planifiée. Ce n’était pas des terroristes ordinaires. C’était des gens entraînés. Ils ont utilisé des armes lourdes», a affirmé le gouverneur de la province du Pendjab, Salman Taseer.

Le président du Sri Lanka, Mahinda Rajapakse, a qualifié l’attentat de «lâche». «Les joueurs sri-lankais s’étaient rendus au Pakistan en tant qu’ambassadeurs de bonne volonté», a-t-il déclaré dans un communiqué de la présidence envoyé du Népal où Mahinda Rajapakse est en visite officielle.

Les autorités pakistanaises ont été promptes à comparer l’attaque de Lahore avec les spectaculaires attentats de novembre 2008 à Bombay, en Inde (174 tués, dont neuf assaillants), et à rappeler que le Pakistan, régulièrement rappelé à l’ordre par New Delhi, payait lui aussi le prix fort pour ses efforts contre le terrorisme.

Récemment, l’Inde et l’Australie avaient renoncé à envoyer leurs équipes nationales respectives en tournée au Pakistan, invoquant des raisons de sécurité. Le Conseil international de cricket, l’organe faîtier de ce sport, a également décidé le mois passé de renoncer à tenir le championnat 2009 au Pakistan, pour des raisons identiques.

En 2001, il est prévu que le Pakistan, l’Inde, le Sri Lanka et le Bangladesh organisent conjointement la Coupe du monde de cricket.