Les secouristes ont extrait mercredi de nouveaux cadavres des décombres de l’hôtel Pearl Continental de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan, détruit la veille dans un attentat à la voiture piégée qui a jusqu’ici fait 18 morts et 57 blessés.

L’attaque n’a pas été revendiquée mais il s’agit, selon le gouvernement, d’une riposte des talibans liés à Al-Qaïda, que l’armée combat âprement depuis fin avril dans la vallée de Swat, un peu plus au nord.

Talibanisation

En moins d’un mois, sept attaques terroristes ont ensanglanté Peshawar, la grande ville du nord-ouest, où vivent plus de 2,5 millions de personnes et qui est «en voie de talibanisation», selon le gouvernement.

Près de 2000 Pakistanais ont péri en moins de deux ans dans plus de 230 attentats -- suicide pour la plupart -- perpétrés par les talibans qui, à l’instar du chef du réseau Al Qaïda, Oussama ben Laden, ont décrété le «jihad» (la guerre sainte, ndlr) contre Islamabad pour son soutien à la lutte antiterroriste des Etats-Unis.

L’attentat a été mené par au moins deux kamikazes qui ont précipité contre l’hôtel un camion piégé avec plus de 500 kg d’explosifs, selon la police.

L’attaque a tué au moins 18 personnes, a indiqué à mi-journée le ministre Mian Iftikhar Hussain. 57 autres ont été blessés, dont des étrangers transférés à Islamabad, selon un responsable policier, Abdul Ghafoor Afridi. Au moins deux étrangers, employés des Nations unies, ont été tués: le Serbe Aleksandar Vorkapic du Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) et la Philippine Perseveranda So, de l’UNICEF, a indiqué l’ONU.

Comme au Marriott d’Islamabad

La police et les secours continuaient d’extraire des corps des gravats de ce qui était le meilleur hôtel de Peshawar, et dont le sort rappelle celui du plus grand hôtel d’Islamabad, le Marriott, détruit le 20 septembre 2008 dans un attentat suicide qui a fait 60 morts. D’autres corps pourraient encore être ensevelis.

A New York, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a condamné l’attentat «dans les termes les plus vigoureux» se disant «attristé par le grand nombre» de victimes, dont le membre du HCR.

Réponse à l’offensive en vallée de Swat

Celui-ci faisait partie d’une équipe de secours d’urgence récemment déployée par le HCR au Pakistan en soutien aux centaines de milliers d’habitants qui ont fui l’offensive menée par l’armée pour déloger les talibans de trois districts de la vallée de Swat et ses environs.

L’opération a été lancée il y a de deux mois sous la pression de Washington, principal bailleur de fonds d’Islamabad, inquiet de l’avancée des islamistes, auparavant cantonnés dans les zones tribales du nord-ouest frontalières de l’Afghanistan. Le Pakistan est la seule puissance militaire nucléaire du monde musulman.

Les talibans pakistanais avaient averti à plusieurs reprises qu’ils intensifieraient leur campagne d’attentats pour venger leurs combattants tués dans l’offensive de Swat.

L’armée a indiqué mercredi avoir ouvert un nouveau front anti-taliban près des zones tribales en bombardant des positions rebelles dans le district de Bannu, à 300 km au sud de la vallée de Swat.