Terrorisme

Attentat de Strasbourg: la chasse à l'homme se poursuit

Plus de 720 policiers français sont mobilisés pour retrouver Cherif Chekatt. Les douanes suisses renforcent aussi leur dispositif. A Strasbourg, le marché de Noël sera encore fermé ce jeudi

Il a un nom, un visage, mais il court toujours: la chasse à l'homme se poursuit jeudi pour appréhender Cherif Chekatt, l'auteur présumé de la tuerie du marché de Noël de Strasbourg, qui reste fermé. La police nationale a lancé mercredi soir un appel à témoins pour retrouver l'homme le plus recherché de France, auteur présumé de cet attentat qui a fait deux morts et un blessé en état de mort cérébrale.

«Attention, individu dangereux, surtout n'intervenez pas vous-même», a mis en garde la police, décrivant un individu de 1,80 m, «peau mate», «corpulence normale» et «marque sur le front». En France, toute personne en possession «d'informations permettant de le localiser» est appelée à composer le 197.


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Strasbourg en berne

Le marché de Noël, qui attire chaque année deux millions de touristes, a été fermé mercredi et le restera jeudi. Avec Cherif Chekatt toujours en fuite, le préfet estime que les conditions de sécurité ne sont pas suffisantes pour une réouverture.

La vive inquiétude de la population a fait que les rues de Strasbourg sont restées désertes mercredi soir. Le préfet a tenté de rassurer, insistant sur le fait que la ville serait quadrillée par les forces de l'ordre. Et il a souligné n'avoir «pas relevé de faille dans le dispositif» de sécurité en place autour du marché de Noël mardi, jour de l'attaque.

L'ensemble des équipements culturels et sportifs de la ville doivent en revanche rouvrir jeudi. Un temps de prière œcuménique est prévu à 18 heures à la cathédrale.

Condamné à Bâle et Zurich

Né à Strasbourg et fiché «S» («sûreté de l'État») pour sa radicalisation islamiste, Cherif Chekatt, 29 ans, a un passé judiciaire très lourd avec déjà pas moins de 27 condamnations. Il a notamment été «arrêté et condamné dans plusieurs cantons alémaniques», notamment deux fois à Bâle, et aussi à Zurich, a déclaré Cathy Maret, porte-parole de la police fédérale. Il s'agit de vols, de cambriolages et d'un peu de violence. «Il n'était pas du tout connu dans un contexte terroriste», souligne-t-elle.

Il est soupçonné d'avoir ouvert le feu mardi peu avant 20 heures dans des rues commerçantes du centre historique de Strasbourg, tuant deux personnes. Au total, 720 membres des forces de l'ordre sont actuellement à sa recherche.

Près de 36 heures après les faits, il n'est même pas sûr que Cherif Chekatt soit encore en France. Les enquêteurs ont ainsi pensé un moment qu'il pouvait avoir passé la frontière et s'être réfugié à Kehl, juste de l'autre côté du Rhin, mais une intervention des polices française et allemande n'a pas permis de retrouver sa trace mercredi matin.

Forces accrues en Suisse

Les autorités françaises «sont bien entendu en lien avec les autorités allemandes», a repris le préfet. La Suisse a également renforcé ses mesures de sécurité à la frontière.

En décembre 2016, l'auteur de l'attentat contre le marché de Noël de Berlin, qui avait fait 12 morts et 48 blessés avec un camion bélier, avait été tué quelques jours plus tard bien loin du lieu de son forfait, lors d'un contrôle de police à Milan, dans le nord de l'Italie.

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