Le ministre américain de la Justice, Eric Holder, a autorisé le recours à la peine de mort dans le cadre du procès de Djokhar Tsarnaev, l’un des deux auteurs présumés des attentats de Boston, qui ont fait 3 morts et 260 blessés en avril 2013. Son annonce intervient à un moment où l’Ohio vient de procéder à une exécution controversée qui aurait laissé le condamné agoniser pendant près de dix minutes, où le Texas vient d’administrer une injection létale à un criminel mexicain et où deux condamnés ont été exécutés en Oklahoma.

Dans ce dossier, comme dans d’autres, Eric Holder n’apparaît pas comme un ministre courageux. Opposé lui-même à la peine capitale pour des raisons moins éthiques que liées à la peur de condamner des innocents, il a déjà autorisé les procureurs fédéraux à requérir la peine de mort, parfois pour des motifs… tactiques. La justice américaine n’exclut pas, en effet, de retirer la menace de la peine capitale peu avant un procès, une fois que les négociations ont commencé après que l’accusé eut plaidé coupable. Le message en devient totalement brouillé.

En l’occurrence, selon les enquêteurs du FBI, 17 chefs d’accusation sur 30 qui accablent Djokhar Tsarnaev méritent la peine capitale. Ils mentionnent ainsi les preuves évidentes de l’implication de l’Américain de 19 ans, d’origine tchétchène, dans les doubles explosions de Boston, se référant aux caméras vidéo qui l’ont filmé en train d’aller déposer un sac à dos contenant une cocotte-minute bourrée d’explosifs le long de la ligne d’arrivée du marathon. Ils relèvent aussi que ,parmi les morts, il y avait un enfant de 8 ans. Il a surtout, ajoutent-ils, «trahi les Etats-Unis» sans exprimer aucun remord.

Djokhar Tsarnaev est défendu par une avocate de renom, Judy clarke, spécialiste de la peine de mort qui a épargné le châtiment suprême à plusieurs grosses pointures, comme le Français Zacarias Moussaoui, accusé de complicité dans les attentats du 11-Septembre, le célèbre «Unabomber» Ted Kaczynski ou encore l’auteur de l’attentat des JO d’Atlanta, Eric Rudolph.