Trois explosions font trembler le Stade de France, à Saint-Denis, au nord de Paris. Puis les premières détonations résonnent au cœur de la capitale française. Des personnes courent, crient et cherchent un endroit où se réfugier. Dans un restaurant de spécialités lyonnaises du XIe arrondissement, les clients se glissent sous les tables et dégainent leurs téléphones pour essayer de comprendre ce qui se passe à l’extérieur, à deux rues de là, où les sirènes des secours se font déjà entendre. Il est 21h ce vendredi 13 novembre. Des attaques sont menées dans six lieux de la capitale française.

Les Parisiens font #PorteOuverte

Les forces de l’ordre exhortent les personnes se trouvant encore à l'extérieur à regagner leur domicile. Sur le réseau social Twitter, la solidarité se met en place. Des utilisateurs adoptent le mot clé #PorteOuverte pour héberger des personnes qui sont en errance dans les rues de la ville. Des adresses complètes sont postées, avec parfois le code d’accès à l’immeuble noté dans ces courts messages.

Très vite, des comptes Twitter dédiés apparaissent, une carte interactive est mise en place ainsi qu’un site web qui répertorie les adresses des Parisiens prêts à accueillir des personnes sans refuge.

«Vous allez bien?» demande Facebook

A Saint-Denis, le match France-Allemagne se termine. Des milliers de supporters descendent sur la pelouse, entourés par des stadiers. Une image saisissante captée par les chaînes d’information en continu. Au milieu du terrain, des personnes terrifiées, parfois en pleurs, tentent de joindre leurs proches. La situation est confuse à l’extérieur.

A 1h du matin, alors que l’assaut se termine dans la salle de spectacle du Bataclan (XIe arrondissement), des notifications sont envoyées par Facebook: «Vous allez bien? Il semble que vous soyez dans la zone touchée par Attaques terroristes à Paris. Informez vos amis que vous êtes en sécurité.» Le réseau social vient d’activer sa fonction «Safety Check» (signalement de sécurité). Les utilisateurs géolocalisés près des événements peuvent prévenir leurs proches qu’ils sont en sécurité, en un clic.

Ce dispositif exceptionnel existe depuis octobre 2014. «Ces dernières années, il y a eu de nombreuses catastrophes et crises où les gens se sont tournés vers Internet pour apporter leur aide. Chaque fois, nous avons vu les gens utiliser Facebook pour vérifier que leurs proches étaient en sécurité», indiquait alors Mark Zuckerberg sur son profil Facebook.

Appels au secours

Le dispositif de Facebook a été utilisé pour la première fois en avril 2015 lors du séisme qui a frappé le Népal. A l’origine, la fonction était surtout pensée pour des catastrophes naturelles. Mais ce vendredi, les utilisateurs du réseau social américain n’ont pas attendu l’activation du signalement de sécurité pour informer leurs amis.

Plus tôt dans la soirée, des centaines de messages défilaient déjà dans les fils d’actualité. La confusion était totale. Malgré ces moyens de communication, certains restaient sans nouvelles de leurs proches. Sur les réseaux sociaux, des photos passaient avec un message de détresse: «Si vous avez vu mon ami, appelez-moi.»